Oct 27

Où je dis "nous" mais où je parle de moi

Category: Me & MySelf by AL







Demain je pars à la campagne… à Aiguebelette en Savoie.

J’ai une bonne raison.

Je vais y passer le week-end chez un de mes plus vieux copains, Vincent, que j’ai connu dans mes premières années de fac, c’est-à-dire il y a plus de 10 ans



Et oui, le temps passe… Il file même… dramatiquement.

Et c’est bien ça le problème, cette impression de ne rien contrôler…

Se réveiller un matin et se dire que 10 ans sont passés.



Et qu’est ce qu’on en a fait de ces années ?

Plein de choses, certes.



Mais quoi de vraiment constructif ?

Un diplôme. Une expérience professionnelle. Des liens forts avec certaines des personnes qui ont croisées notre chemin. Des expériences, plus au moins heureuses, plus au moins douloureuses.

La vie nous a éprouvé, nous a appris, nous a changé.



Qu’est ce qu’on voulait il y a 10 ans, qu’est ce qu’on espérait à cette époque ? Comment on s’imaginait 10 ans après ?

Peut-être pas comme ça. Certainement pas, même. Parce qu’on était jeunes, naïfs peut-être, plein d’espoirs en tout cas et surtout bourrés d’idées toutes faites sur la vie et ce qu’il fallait en faire.



Est-ce qu’on regrette ce qu’on a fait de ces années ?

Non pas vraiment. Il y a toujours des choses qu’on regrette mais quand on met tout dans la balance, finalement on referait certainement les mêmes choses, à peu près. Parce que chacun de nos choix, chacune de nos expériences, chacune de nos rencontres nous a conduit là où on est maintenant. Et surtout nous a fait tel que nous sommes aujourd’hui.

Et ça on ne voudrait pas le changer.

On est plus sûr, plus confiant, plus clairvoyant, plus consistant. On sait ce qu’on aime, ce qu’on n’aime pas. On sait nos limites. On sait ce qu’on est, à défaut de savoir ce qu’on voudrait être. Et c’est déjà pas mal.



Mais, est-ce qu’on a perdu quelque chose ?

Oui, je crois. Des illusions, beaucoup. Des certitudes, aussi. Des espérances, un peu.

La vie nous a rendu plus durs, plus résistants. Mais plus fragiles aussi. Parce qu’une fêlure est apparue au fond de nous. Quelque chose s’est cassée un peu plus à chaque épreuve, à chaque rupture, à chaque désillusion. Le côté obscur de notre personnalité a gagné du terrain. L’étincelle dans nos yeux brille moins fort. Le rire est moins spontané. Le cœur moins léger.





Mais c’est peut-être la subtile alliance de cette force solide et de cette fragilité extrême qui constitue notre plus grand trésor. Ce qui nous permettra d’arriver à construire, à vivre, à trouver la paix… Et qui nous prouve que ces dix années n’ont pas été perdues… au contraire.



C’est donc comme ça que je vais retrouver mon pote Vincent, après plusieurs années sans s’être vus.

Différente.

Avec mes richesses et mes failles. Mes envies et mes questions.





Et lui, que sera-t-il devenu ?

J’ai quelques indices.

Je sais qu’il vit au milieu de rien, dans un hameau en Savoie (mais ça, il l’a toujours voulu).

Je sais qu’il vit avec sa copine depuis plusieurs années (mais il y a toujours eu une femme dans son ombre).

Je sais qu’il est Papa depuis le mois de juillet…



Cela fait beaucoup de différences entre nous, moi qui suis plutôt (très) urbaine, incapable de garder un homme et très loin de la maternité.



Mais finalement on a toujours été très différents.

Et c’est une des choses qui a créé ce lien fort et étrange entre nous. Une sorte d’attirance (rien de sexuel dans ce que je dis) naturelle pour ce qui est l’opposé de vous. Une curiosité. Un besoin.

Mais il y a avait toutes ces choses qu’on aimait faire ensemble : discuter pas mal, rigoler beaucoup, passer des soirées nocives pour la santé, aller à des concerts de reggae, etc. Toutes ces choses qu’on avait en commun…



Est-ce qu’on va retrouver ce truc qui faisait qu’on aimait passer du temps ensemble ?

Est-ce qu’on aura encore des choses à partager ?

Est-ce que ce lien existe toujours ?





En fait c’est ce qui me tracasse depuis le début de la semaine…

La peur de ce que la vie a fait de nous.

La peur qu’elle ait cassé ou changé ce qui nous rassemblait.

La peur qu’elle nous éprouve, une fois de plus.

Je ne sais pas…

On verra bien.







Je vous vois sourire !

Non ! Ce n’est pas d’aller passer un week-end à la campagne, au milieu de rien, qui m’angoisse.

Bon, un peu c’est vrai… Mais 2 jours, j’arriverai à survivre.

Et non ! Ce n’est pas de me retrouver seule avec deux couples et leurs fils respectifs (parce que j’y vais avec un autre couple d’amis et leur progéniture) qui me terrorise.

Bon, un peu c’est vrai… Mais 2 jours, j’arriverai à survivre.


3 Comments so far

  1. Claire October 27th, 2006 6:36 pm

    Moi en tout cas je ne retournerai pour rien au monde 10 ans en arriere! Je ne regrette rien mais surtout pas d’avoir vieillit, mes 30ans s’annoncent plus excitants que les 20ans l’ont ete, je suis beaucoup plus confiante et contente de moi aujourd’hui et definitivement plus seraine que la gamine nerveuse que j’etais (bon je n’ai pas d’enfants encore, ca enleve des angoisses j’imagine!)

    Pas tellement obscure mais certainement plus sure!!!

    Bon mais quand a l’angoisse campagne+bebes+retrouvailles je te comprends, ca fait beaucoup d’un coup! dis toi juste que lui surement, largue dans une soiree en ville avec pleins de celibs il serait pas vraiment a l’aise :) Bon weekend en tout cas, je compte sur toi pour tout raconter apres! bizzzzzz

  2. annabel October 27th, 2006 7:46 pm

    Certes à l’approche de la trentaine ou à la trentaine même, on a changé, on a une certaine expérience de la vie, on se connaît mieux mais c’est vrai qu’on a appris que la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, qu’elle est même parfois cruelle et qu’elle nous déçoit …c’est un fait.En tout cas, on doit faire face et toujours garder espoir et confiance en soi.Je pense qu’effectivement le temps nous fait évoluer mais pas réellement changer qui l’on est.Tu sais moi qui ne te connaît pas encore, je crois quand même qu’un jour tu te poseras moins de questions et que tu retrouveras cette lueur dans tes yeux que tu crois avoir un peu perdue.Parce que chacun mérite un peu de bonheur et surtout de la partager avec quelqu’un qui partage notre amour de la vie.regarde moi je croyais que je n’arriverais jamais à rencontrer quelqu’un avec qui partager les joies simples de la vie à deux et bein si j’y suis arrivée et je sais que je ne suis plus seule.Je sais que je l’aime et qu’il m’aime.Alors je te souhaite le plus sincérement d’arriver à trouver ce quelqu’un…Et pendant ce temps, en l’attendant continue de profiter de la vie, de tes amis (parce que eux ils seront toujours là)et suis tes envies… j’espère que tu seras arrivée à profiter de ton week end retrouvailles.carpe diem et de gros gros bisous en attendant de pouvoir passer une bonne soirée ensemble.

  3. AL October 27th, 2006 8:54 pm

    Oh ! Merci les filles pour vos commentaires !

    C’est gentil et ça fait très plaisir… notamment de trouver Annabelle ici…

    Je m’aperçois que mon post est peut-être un peu sombre… Je ne me rend pas bien compte… Mais c’est clair que la campagne, ça me crée toujours des réactions un peu fortes…

    Mon "côté obscur" n’est pas encore prépondérant… Et j’y veille.



    Effectivement, je pense qu’un jour je trouverai quelqu’un avec qui partager "Mes richesses et mes failles. Mes envie et mes questions." J’espère juste que ce sera pas dans 10 ans ! Je suis plutôt optimiste là dessus (ma grand-mère m’a toujours dit que je trouverai un homme "formidable" et grand-maman se trompe rarement, non ?), même si c’est un sujet sur lequel je n’aime pas trop m’exprimer pour pas passer pour une "célibataire désespérée", ce que je ne suis pas du tout.

    Mais d’ici là… je vais continuer à en profiter… parce que dans ce domaine, je suis super forte !!!!