Archive for November, 2006
Beautiful Boy
Il est beau, il est drôle…
Un petit goût d’homme idéal ?
Pas sûr… En tout cas, un homme bien de notre génération…
Son DVD est un réel plaisir… Moi, ça faisait longtemps que je n’avais pas rigolé comme ça.
Voici un petit extrait… pas forcément le plus drôle du spectacle mais c’est un thème qui nous interpelle, nous les filles…
Tomer Sisley - Le célibataire
Devoir d’information
Je ne suis pas du genre à aimer assumer des responsabilités qui ne sont pas directement les miennes, mais parfois, on n’a pas le droit d’ignorer certaines choses.
On n’a pas le droit de dire « Je ne savais pas. ».
On n’est pas toujours obligé d’attendre 50 ans pour se repencher sur les pans douloureux de notre histoire.
Il y a un film qui sort aujourd’hui au cinéma.
Pour être exact, c’est un reportage :
« Kigali, des images contre un massacre », de Jean-Christophe Klotz.
Je l’ai vu parce qu’il est passé sur ARTE et il m’a profondément marqué, comme rarement un reportage.
Ça parle donc du génocide rwandais de 1994.
Bizarrement, c’est un sujet sur lequel je ne savais pas grand-chose… Je savais juste que la communauté internationale, et notamment la France avait laissé 1 million de personnes se faire massacrer sans réagir…
Mais je n’avais pas vraiment réalisé l’ampleur de l’horreur et de la honte que nous avons à porter, spécialement la France.
Ce reportage est très très bien fait (il faisait d’ailleurs parti de la sélection du dernier Festival de Cannes).
Pas d’images horribles mais pas de langue de bois, notamment sur le rôle de notre pays dans ce drame.
Beaucoup de sensibilité, d’émotion, de questions.
Résumé (d’après www.arte.tv) :
« Juin 1994. Le génocide des Tutsis du Rwanda dure depuis deux mois déjà. Le reporter Jean-Christophe Klotz, qui effectue son deuxième voyage dans ce pays livré à l’horreur, se rend à Kigali, la capitale, régentée par les extrémistes hutus. Lors de l’attaque d’une mission chrétienne où se sont réfugiées une centaine de personnes, il est atteint d’une balle à la hanche. Il est évacué et rapatrié le jour même ; moins de 48 heures après, la plupart des protégés de la mission seront massacrés. Sur son lit d’hôpital, à Paris, le journaliste va voir passer en boucle à la télévision les visages qu’il a filmés au Rwanda, matière première d’un battage médiatique destiné à “lancer” l’opération Turquoise, la tardive intervention menée par l’armée française. Obsédé par la tragique absurdité de ces morts instrumentalisées, symboles d’un massacre que le monde a laissé perpétrer sciemment, il repart au Rwanda dix ans après. Il veut revoir ceux qu’il avait croisés lors de ses deux voyages, et leur montrer ses images - parmi les seules tournées durant le génocide. Il retrouve aussi Bernard Kouchner, ainsi que les très rares Occidentaux restés alors sur place, tous hantés par leur impuissance face aux bourreaux : le chef français de la mission, le père Blanchard, le Canadien Roméo Dallaire, représentant de l’ONU privé de tout moyen militaire, et le responsable suisse de la Croix-Rouge Philippe Gaillard. »
C’est hyper émouvant, notamment les témoignages des occidentaux qui étaient sur place et qui ont assisté au drame. Ils ont ce regard à jamais hanté par ce qu’ils ont vu, ne pouvant cacher une émotion immense et une honte, que pourtant, eux, n’ont pas à porter.
Et ça devient carrément choquant, et le mot est faible, quand ça aborde la fameuse «Opération Turquoise» menée par la France (sous l’égide de l’ONU) et quand on voit les responsables politiques de l’époque (cohabitation Mitterrand/la Droite), et notamment un certain Nicolas S. (alors porte-parole du gouvernement), participer à une vaste opération de désinformation. Et franchement, je ne croyais même pas que c’était possible, à l’heure actuelle, une telle déformation de la vérité. Un truc hallucinant !!!!
Je ne veux pas en dire plus mais je vous incite de tout mon cœur à aller voir ce film.
C’est vrai que le Rwanda, c’est pas très sexy, ça fait parti des choses auxquelles on ne préfère pas penser trop souvent.
Mais vraiment, il FAUT voir ce reportage.
Parce que ce genre de truc, ça peut arriver à nouveau demain…
Mais avant de faire ma liste…
Je vais me mettre un peu de musique pour me calmer les nerfs…
James Taylor - Ain’t no sunshine when she’s gone
J’aime bien cette chanson en ce moment, je l’écoute souvent (et c’est surement celle que j’écouterais si je me réfugiais au fond de mon lit).
Panique à bord
L’esprit un peu accaparé par mes problèmes administratifs et financiers, mes cours d’anglais (je passe le TOEIC la semaine prochaine et je ne suis pas vraiment prête) et mes engagements associatifs pour la Journée Mondiale de Lutte contre le Sida (le 1er décembre), j’ai du mal à réaliser que je suis sensée quitter le pays dans quelques jours (18 très exactement).
Et il faudrait que je prépare mon départ carrément activement !!!!
Mais en fait, je patine dans la semoule.
C’est la panique même !
Je ne sais plus par quoi commencer, je me sens un peu dépassée par les événements…
Et oui, on se prend pour une femme libre et indépendante… qui fait ce qu’elle veut, quand elle veut… Et puis au moment venu… On est à la limite du minable.
Enfin, je dis « on » mais je parle de moi… Je ne sais pas pourquoi je dis « on » d’ailleurs…
C’est une particularité qui m’est propre de paniquer au dernier moment dans ma vie privée. Oui parce que, bizarrement, au boulot, j’arrive à faire preuve d’un sang froid à toute épreuve dans l’adversité (genre la sono qui explose une heure avant le début de l’événement que tu organises depuis 2 mois). Mais alors toute cette énergie que j’arrive à déployer quand il s’agit d’un truc qui ne me concerne pas moi-même, se transforme en une angoisse annihilante dès qu’il s’agit de faire quelque chose de constructif pour mon futur.
En ce moment, quand je pense à tout ce qu’il faut que je fasse, il m’arrive parfois d’avoir juste envie de me mettre au fond de mon lit, avec mon Ipod sur les oreilles, et d’attendre… pour voir ce qui va se passer…
Ouais, ça doit se soigner… Je sais pas.
Tiens je vais faire une liste, voire un rétroplanning, comme au boulot, ça va peut-être m’aider…
Bon, faut peut-être pas que je m’emballe quand même.
Oh mon dieu !!!!!!!!!!!!
Si vous saviez…
Je viens d’être libérée d’un poids énorme !
Ce poids qui me tord l’estomac depuis 2 mois…
Ce poids qui est certainement responsable de la crise d’eczéma qui brûle mes paupières depuis une semaine…
Ce poids qui m’empêche de dormir depuis plusieurs jours…
Le poids de la bankrupt financière qui me guettait inexorablement depuis quelques temps.
Je n’ai, en effet, jamais été aussi proche de la mort par pauvreté que ces derniers temps. J’exagère un peu parce que on m’a aidé, mais sans ça, c’était l’interdis bancaire puis la prison (pour cause de taxe d’habitation à payer avant après-demain).
Ce matin encore, tentant d’émerger difficilement d’une nuit sans sommeil, je me demandais, l’angoisse au ventre, à qui d’autre j’allais pouvoir emprunter un peu d’argent. Juste de quoi tenir jusqu’à mon départ, pouvoir quitter ce pays et aller trouver n’importe quel job en Irlande.
J’ai réduit toutes les dépenses possibles (plus de coiffeur, plus d’esthéticienne, plus de produits de beauté, plus de fringues, plus de voiture, presque plus d’alcool, de sorties et de nourriture…).
J’ai envisagée toutes les possibilités : petits boulots, vente de mes fringues, tests de médicaments, don d’organe aux USA, ventes d’ovules sur Internet, demande de RMI, avoir un enfant pour toucher l’allocation parent isolé, prostitution…
Mais rien n’a pu aboutir à temps…
J’ai été une femme au bord du gouffre, au bord de la déchéance, au bord de la mort par stress…
Et tout ça à cause d’un conflit avec les Assedic.
Je n’aime pas trop dire ça parce que ça pourrait induire que je trouve normal que les Assedic subviennent à mes besoins et c’est loin d’être le cas.
Le fait de dépendre des Assedic est même très certainement une des pires choses qui puissent arriver à un être humain en terme d’estime de soi et je ne le souhaite à personne.
Mais comme ils ont pris une partie de mon salaire (et des revenus de mon employeur) pendant 5 ans et que le système est ainsi fait… j’avais droit à quelques subsides le temps de me retourner… Et le problème en France, c’est que justement, il faut du temps pour retrouver un job.
Le choc fut donc intense lorsque début septembre, je reçus une lettre m’annonçant plutôt brutalement que j’étais radiée des Assedic et donc que je ne toucherai plus mes indemnités chômage (ceci réduisant donc mes revenus à ZERO).
Et ce, pour un motif complètement surréaliste… ce surréalisme dont seule l’administration française est capable.
Je ne vais pas rentrer dans les détails, c’est une sombre histoire… Une erreur commise par un conseiller Assedic…
J’avoue que j’ai clairement pensé que ce n’était pas une erreur mais un moyen simple de faire baisser les chiffres du chômage… Je ne saurai jamais…
Une fois remise du choc, j’ai donc contesté ma radiation en me fendant d’une lettre de deux pages, dans mon meilleur style, au Directeur Délégué de l’ANPE (oui parce qu’on n’y comprend décidemment rien à leur système… C’est les Assedic qui payent mais tout à coup c’est l’ANPE qui décide, alors qu’ils venaient juste de m’expliquer le contraire… Enfin bon bref, à mon avis, sans un doctorat en droit administratif, personne ne peut trouver une logique là dedans).
J’ai donc tenté de lui expliquer « l’erreur », tout en restant polie (mais en pensant qu’un jour ma lettre pourrait bien paraître dans le bêtisier des lettres de recours à l’administration), sans pouvoir toutefois résister à quelques insinuations (Parlant du conseiller en question : « J’ai du mal à imaginer qu’il ne connaisse pas la réglementation en vigueur dans sa propre administration et je ne me permettrais jamais de penser qu’il était stupide. »).
Enfin bon bref… je viens de recevoir une lettre de ce charmant Directeur Délégué de l’ANPE (et j’ai dû m’asseoir et allumer une clope avant de l’ouvrir tellement j’avais peur) me disant : « Pour faire suite à votre demande de recours, je vous informe que compte tenu des éléments fournis, et en accord avec la Directrice de l’agence Lyon-Guillotière, j’ai décidé de donner une suite favorable à votre demande. Votre inscription a donc été régularisée à la date du 28 août. ».
OUUUUUUFFFFFFF ! Il y a une justice sur terre !!!
Je me voyais déjà devoir aller pleurer chez Julien Courbet, avec Maître Verge m’expliquant que mes droits avaient été bafoués mais que la seule solution consistait à appeler le directeur de l’ANPE à 23h chez lui, devant 5 millions de téléspectateurs pour régler le problème.
Voilà… je me sens mieux, je vais peut être pouvoir aller manger quelque chose maintenant.
Enfin bon… rien n’est gagné la question est maintenant : Vont-ils me donner l’argent qu’ils me doivent ? Et surtout, quand ???
Welcome to my Paradise

C’est un endroit qu’on atteint après plusieurs heures sur des petites routes de montagnes. Il faut monter, passer à travers des villages suspendus par le froid et le brouillard.
La descente est longue, épuisante pour le chauffeur, presque interminable…
Mais plus on descend, plus l’atmosphère se réchauffe… C’est une sensation très troublante, presque irréelle.
C’est toujours sur cette impression quasi magique qu’on arrive ici.
Tout à coup, le soleil explose à nouveau. La végétation change. Les cocotiers, les bananiers, les manguiers sont là à nouveau, donnant un air de jardin d’Eden à cette nature exubérante.
La mer apparaît, scintillante.
Ça y est, nous sommes sur la côte nord de Bali.
En longeant cette côte sur quelques kilomètres, on finit par arriver à un endroit unique : quelques plages de sable brun, bordées de petits villages où se mêlent maisons de pécheurs et hôtels qui eurent leur heure de gloire à la fin des années 80.
Mais la masse des touristes préférant se prélasser sur le sable blanc des immenses plages de surf du sud de l’île et l’effet désertifiant des attentats successifs donnent à ce lieu un petit air désuet, comme si le temps s’était suspendu…
Bien qu’au nord, nous sommes ici plus proche de l’équateur et la chaleur souvent écrasante vous oblige à une certaine nonchalance.
Mais plus que ça, c’est une zenitude totale qui vous envahit très vite ici. Quelque chose dans l’atmosphère, une chose assez inexplicable, presque mystérieuse, magique…
Un sentiment de plénitude, de bien-être, de volupté s’empare de vous.
Vous sentez tout suite qu’il y a quelque chose d’ensorcelant dans l’air, qui agit sur votre corps et sur votre esprit sans que vous puissiez résister.
Alors, vous ne résistez pas, vous ne chercher pas comprendre et vous vous laissez aller… complètement, entièrement, dans une espèce de retour aux sources de vous-même, où les sensations prennent vite le pas sur tout.
Ici, je me sens bien. Bien comme nulle par ailleurs.
Je n’ai plus peur, je n’ai plus froid, je n’ai plus de questions. C’est beau, ça sent bon.
C’est l’endroit, où quoiqu’il arrive, je peux revenir et être bien, apaisée, en accord avec moi-même, en harmonie avec la vie.
C’est mon paradis, ma chance, ma richesse.
C’est Lovina.
Oui, ça parait un peu fou. Moi-même je n’explique pas vraiment cet amour inconditionnel, mais c’est comme ça…
Il y a cette plage que j’aime tellement. Si calme et si belle. A flanc de montagne.

Où l’on a, pour seuls compagnons, les pêcheurs, les dauphins et les vendeurs de coquillages (toujours les mêmes)…


Ici, les couchers de soleil sont mythiques… On ne les rate pour rien au monde…

Il y a cet hôtel où je retourne chaque année, tout au bout de la plage…

… collé au petit village de pêcheurs…

Avec cette piscine superbe, où j’aime à venir bronzer et finir ma nuit le matin, sous les manguiers et les cocotiers.

Il y a les alentours, qui sont pour moi, parmi les plus beaux paysages de Bali.

Il y a les balinais, avec lesquels vous vivez vraiment ici, parce qu’ils aiment venir discuter avec vous pendant des heures de la vie et des dieux… C’est ici que j’ai fait mes plus belles rencontres, vécu mes plus belles histoires…

(mon pote Pablo)
Il y a ce petit bar, ce petit rade au bord de la route, tout en bois et en planches où Ganesha vous sert les meilleurs Araks de toute l’île…

… où les balinais viennent passer la soirée et jouer de la musique…

… et où les soirées finissent toujours par basculer dans quelque chose de fou.
Mes meilleures soirées, mes meilleurs souvenirs.

Ici, c’est vraiment Bali, authentique et magnifique.
Un endroit dont on ne peut plus se passer.
Y revenir, encore et toujours, comme une parenthèse dans la vie, une respiration, un besoin absolument vital…
La chanson est indonésienne (de Stevens and the CoconutTreeZ). Un ami me l’a chantée la dernière fois que je suis arrivée à Lovina et je trouve qu’elle décrit assez bien tout ce que j’aime ici.
CocoRosie
Oui le nom est un peu bizarre quand même.
Mais la musique est bonne.
Une heureuse découverte (merci Marylou) ! Il y a deux albums (Noah’s Ark et La Maison de mon Rêve), il faut les acheter.
CocoRosie - K-Hole
Pourquoi faire les choses simplement…
… quand on peut les faire avec une certaine poésie.
Pour regarder l’heure par exemple, on peut regarder sa montre ou en bas à droite de son ordi.
Mais on peut aussi aller sur ce site et cliquer sur “View the clock“.
Et c’est nettement mieux, voire carrément beau à certains moments !
Où ça parle de stratégie sexuelle
Un jeudi sous le signe du sexe !
Non, ne vous emballez pas… je vais juste vous parler à nouveau de prévention et de Safer Sex.
Bon apparemment ça fait moins débat que le mascara mais c’est aussi important (Oui ! Un mascara, c’est vital !!!).
Je signale aussi que c’est une suite, pour les nouveaux c’est mieux d’avoir lu au moins ce post là pour tout comprendre.
Aujourd’hui, un thème central de la prévention :
Les préservatifs : décider de vraiment les utiliser.
Et comment convaincre un mec qui ne veut pas, d’en mettre un.
Donc je crois que tout le monde a compris qu’il était absolument vital d’utiliser un préservatif lors d’une relation sexuelle.
Le problème, et c’est là tout l’enjeu, voire la difficulté, de la prévention, c’est qu’il y a une grosse différence entre l’avoir compris et le faire !!!
Une différence énorme même !
C’est arrivé à strictement tout le monde de ne pas en utiliser, ne soyons pas hypocrites. Et pourtant, presque trentenaires, nous sommes d’une génération hyper informée : on a connu les années noires du sida, on nous a expliqué et montré des dizaines de fois comment utiliser les capotes (à la télé, à l’école, …), etc. Un avantage énorme sur les générations actuelles (et sur les plus anciennes, genre les ex-soihante-huitards qui ont connu la libération sexuelle).
Et pourtant, même pour nous, ce n’est pas si simple.
Parce que prendre la décision d’utiliser ou non un préservatif, ça tient à pas grand chose. Ça tient à une seconde, tout au plus, dans un moment où, en général, on a l’esprit occupé à autre chose et pas toujours envie de « casser l’ambiance » (ou de l’arrêter dans un truc assez sympathique…) en abordant cette question.
On se dit : « Oh, aller… tanpis. Pour une fois… », « Oh… il a l’air bien propre sur lui ce jeune homme ! », « On est jeune, on est beau, on ne risque rien ! », « S’il n’en parle pas… c’est qu’il sait qu’il n’est pas séropo… », etc.
Une série d’erreurs fatales !
En tout cas, d’erreurs qui furent fatales à beaucoup de gens que je connais (contaminés à 17 lors de leur première relation sexuelle, contaminés la seule fois où ils n’ont pas utilisé de capote, contaminés par BeauGosseMagnifique champion de rugby, etc.).
Donc, cette décision, il faut la prendre. Et la prendre soi-même !
Le choix de la prévention est une responsabilité individuelle.
Elle ne doit pas dépendre de l’autre.
Ce n’est pas aux séropos de nous protéger, ce n’est pas à notre partenaire de nous protéger, c’est à nous de nous protéger nous-même.
Chacun est responsable de sa propre protection.
Et pour prendre cette décision soi-même, il faut y avoir réfléchi.
Et oui, de temps en temps, il faut se poser et penser un peu (ça détend en plus, c’est sympa…).
Qu’est ce que je veux ? Quelle vie je veux ? Quels sont les risques que je suis prêt à prendre ? Quelles responsabilités je peux assumer ? Est-ce que je pourrais vivre ce que vivent les séropos (je vous en parlerai plus en détail… ça aide bien à intérioriser les messages de prévention) ? Pour une capote pas mise, est-ce que j’accepte de devoir en utiliser toute ma vie ? Pour 5 minute de plaisir (oui… je suis méchante), est-ce que j’accepte que ma vie se transforme en une ignoble course contre la montre avec pour seul espoir, celui qu’un jour on trouve un traitement qui puisse me sauver ?
Plein de questions comme ça qu’il faut s’être posées.
Il faut s’interroger sur nos pratiques, nos représentations, nos attitudes, nos peurs.
Après on prend une décision.
On décide d’adopter un comportement (safe ou pas… chacun fait ce qu’il veut. A partir du moment où tout le monde a bien compris qu’il était responsable de lui-même…).
Et le fait d’avoir pris une décision, d’avoir mis en place une stratégie personnelle de prévention, ça aide vachement à s’y tenir.
Si, si, je vous jure !
Bon, c’est vrai qu’il y a les cas extrêmes ! MecQuiTueTout et vous, une seule occasion (ce soir) et pas de capotes !!! Là c’est horrible, cauchemardesque, corneillien… J’ai pas vraiment de réponse à ça (enfin si j’en ai une, mais elle dure à entendre). Moi je suis prévoyante (parce que je suis balance… on est prévoyante nous les balances apparemment), ça ne m’est jamais arrivé…
Le problème est tout autre quand vous avez des capotes mais que MecQuiTueTout refuse d’en mettre.
Oui ça arrive !
Mais les mecs sont confrontés au même problème, mesdames. Ils n’ont pas le monopole de la légèreté sexuelle et les femmes ont tendance à croire que la pilule protège de tout.
Mais on va dire que nous ne sommes pas comme ça et que nous avons pris la décision de nous protéger systématiquement.
Quelle attitude adopter dans ce moment pénible ?
Bon, en général, à ce moment là, la déception énorme de découvrir que MecQuiTueTout est un peu con, ça aide. Ça nous refroidi d’un coup. Mais comme MecQuiTueTout tue tout, on lui laisse une dernière chance.
Stratégie n°1 : la nouvelle expérience sexuelle !
Bon ben tanpis… on arrête tout. C’est dommage j’avais très envie ! J’avais même envie de tenter la position du « canard laqué thaïlandais » ou le « Bilboquet javanais », tu connais ?
Bon s’il accepte de tenter quand même l’expérience, on est un peu dans la merde… Mais on peut arriver à s’en sortir très bien : Ben c’est vrai, t’as raison… le « Bilboquet javanais », finalement c’est pas si différent du missionnaire (ouais, je reste soft…).
Stratégie n°2 : la crise de larme
Toujours utile ! Avec souvent de bons résultats dans tout. On se met à pleurer comme une fontaine en hoquetant et en gémissant qu’on n’a jamais de chance nous… pour une fois qu’on était prête à faire le « Bilboquet javanais » ! (Ne pas hésiter à coupler plusieurs stratégies pour arriver à vos fins.)
Stratégie n°3 : l’allergie à la peau
Ben non, je peux pas ! Je suis allergique à la peau de pénis. Je suis obligée d’utiliser un préservatif en latex sinon je gonfle, je deviens toute rouge et je vomis !
Là… faut juste arriver à pas exploser de rire !
Stratégie n°4 : la menace de la paternité
Ouais mais bon, comme je prends plus la pilule (trop dangereux, je fume trop/j’ai trop de cholestérol) et qu’on est le 22 du mois, il y a quand même une chance énorme que tu sois papa dans 9 mois si on fait comme tu dis ! Mais remarque, moi ça me tente vachement maintenant que t’en parles. Tu imagines : nous deux dans ton F1 avec un petit bébé tout mignon qui pleure et qui coûte cher ! C’est trop romantique !!!!!!!!!! Se lever la nuit, devoir vendre la console mais être nous trois, ensemble, jusqu’à la fin de notre vie !!!!!!!!!!!!! Oh et puis tu dois être tellement mignon en train de changer une couche !! Mon dieu, ça me donne des envies de « Bilboquet javanais » tout ça !
Bon là c’est vrai qu’il y a un risque qu’il parte en courant et ne donne plus jamais signe de vie (à moins que le recours discret à la stratégie n°1 ait fait son effet) mais comme on a vu qu’il était un peu con de toute façon… On perd pas grand-chose.
Stratégie n°5 : la terreur
Ça veut dire que tu sais que tu n’es pas séropo, toi. C’est bien, t’as de la chance. Moi, en ce qui me concerne, je ne sais pas vraiment. Depuis que mon ex, qui était toxico (utilisez les vieux clichés, ça fait toujours son petit effet) est entré à l’hosto, j’ose pas aller me faire dépister. Et puis, il y a eu Moussa le taximan botswanais…
Bon effectivement, cette stratégie est encore plus risquée que la précédente. Là normalement il refuse même de dormir à côté de vous… C’est un peu la stratégie du dernier recours, celle qui sert surtout à le faire réfléchir, une bonne action quoi…
Bon j’ai plus d’idées en fait… mais si vous en avez, je suis preneuse !!!!
Viktor & Rolf chez H&M
C’est demain !!!
A mon avis, allez-y tôt ! Et préparez vous bien à une lutte acharnée entre fashionistas hystériques !
Parce qu’en général c’est l’émeute.
Mais ça semble valoir le coup. A voir ici pour en décider !