Dec 20

Au bout du monde (Episode 2 : En partir, c’est dur)

Category: Hors d'Atteinte by AL







Nous voilà donc à Gili Trawangan.

Débarqué sur une grande plage de sable blanc au soleil couchant.



Le “centre” de l’île est juste derrière : un petit chemin de sable bordé de cahutes restaurants, cahutes bars et cahutes hôtels.









C’est ce qu’on appelle ici un endroit touristique, ça ressemble à une île thaïlandaise… le même charme, avec quand même, vachement moins de monde…

On y croise un peu la même faune : beaucoup de jeunes, surtout des mecs d’ailleurs, des routards, des surfeurs, des hippies de l’époque au cerveau liquéfié par la drogue échoués ici depuis des années…

Une espèce d’ambiance alternative, néo-baba cool… Ici, on aime la mer, les fleurs et la musique, on ne se prend la tête avec rien…









Après ce trajet limite éprouvant, la première étape est obligatoirement un bar… un peu d’alcool pour avoir une explication logique à ce sentiment de vertige et de plénitude qui vous a envahit depuis que vous avez posé le pied ici.



Il fait donc nuit noire quand vous vous mettez en quête d’un hôtel et comme finalement, vous êtes près à mettre quand même environ 10€ dans une chambre (vous avez économisez toute l’année pour ce voyage… et après cette journée, vous rêvez d’un certain confort), vous vous retrouvez tout au bout de l’île, vraiment au milieu de rien cette fois, dans charmant hôtel.

Pour l’atteindre, il faut prendre une petite carriole tirée par un tout petit cheval (un cimodo) et faire tout un périple en priant pour que ce mini canasson résiste à votre poids. Mais c’est le seul moyen de transport de l’île avec quelques vélos… mais dans le noir total et dans le sable, vous avez jugé plus prudent d’éviter le 2 roues, dès fois que votre karma vous lâche au dernier moment.



A peine installée, vous avez remarqué avec soulagement que les blattes étaient peu apparentes dans votre chambre (l’essentiel étant toujours de ne pas les voir, même si vous savez qu’elles sont là), à part un cadavre dans la salle de bain. Mais rien à foutre. Vous rêver tellement d’une douche… repensant à tous ces cafards qui vous ont marché dessus pendant des heures, à ses sueurs froides lors de votre rallye automobile et à toutes ces vagues qui se sont fracassées sur vous…

Vous vous jetez donc sous l’eau et vous vivez votre dernier grand moment de solitude de la journée quand au bout de quelques secondes, vous vous rendez compte que c’est de l’eau salée qui coule dans cette jolie douche… Aaaaaaaahhh.

La douche à l’eau tiédasse, voire froide, vous pouvez… Mais l’eau salée, c’est carrément horrible. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi il y a 4 bouteilles d’eau minérale dans la salle de bain avec un adorable petit mot de la direction vous annonçant qu’elle vous sont gracieusement offertes.



Mais bon, vos capacités d’adaptation sont énormes.

C’est donc avec un look très “Caribean Hippie” (le cheveu hirsute, collés en paquet par le sel), totalement en accord avec l’ambiance locale (Waou ! Je pense que ça t’irait bien les dreadlocks !) que vous vous jetez dans votre première soirée gilienne.

Gili Trawangan est en effet la plus « festive » des trois îles (Gili Meno et Gili Air sont encore plus désertes)… sa vie nocturne y est réputée dans la région… Vous rejoignez donc la civilisation à l’aide de votre fidèle destrier à pompons…









Le lendemain c’est l’extase.











De nuit, vous n’aviez pas bien pris la mesure du paysage qui vous entourait.

Vous êtes au bord d’une immense plage déserte où vous ne croiserez strictement personne pendant trois jours.









C’est assez bizarre cette sensation que vous ressentez, perdu sur votre bout de plage.

Vos sentiments sont partagés, entre l’angoisse du pauvre occidental citadin peu habitué à tant de solitude et la joie absolue de vivre un fantasme universel en s’imaginant tel Robinson sur son île.

Il faut donc un peu de temps pour s’habituer à ce vide sidéral.









Puis… tout va bien, merveilleusement bien.

Vous vous faites très rapidement à votre nouvel environnement et appréciez chaque détail avec une intensité décuplée.



















Mais, à un moment donné, vient l’heure du départ… et vous n’avez pas dutout envie de partir…











Mais vous reviendrez… forcément.


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