Mar 9
Nouveau départ
Ça y est.
Après une longue traversée du désert, je vois enfin mon avenir s’éclaircir.
J’ai trouvé un boulot.
Tout a été très vite. J’ai enchaîné les entretiens toute la semaine et la réponse est tombée hier après-midi. Je commence lundi dans une petite agence dublinoise qui conçoit et produit du matériel de PLV (Publicité sur le Lieu de Vente). C’est un poste exactement comme je les aime, vachement global, avec des tonnes de trucs différents à faire, de l’administratif basique au suivi complet des dossiers clients, des relations avec les prestataires à la stratégie marketing et communication de l’agence, en passant par le développement de nouveaux produits et concepts à proposer aux clients, le tout arrosé d’un peu de graphisme et de création.
Bref, le bonheur total…
Et de quoi occuper mes journées et mon cerveau de manière assez intensive.
J’avoue qu’à cet instant précis, je suis encore un peu sous le choc.
J’ai du mal à réaliser.
J’ai du mal à réaliser que j’ai réussi, que je suis venue à bout de ce challenge, que j’ai atteint mon objectif.
Et pourtant c’est le cas.
Je me revois encore, il y a quelques mois, au chômage en France, avec aucune perspective, rien qui n’avançait, et même personne qui ne me recevait en entretien malgré mes 6 années d’expérience… Touchant le fond, l’ego ravagé, la confiance en moi écrabouillée, essayant désespérément de trouver une solution et ne voyant que l’exil pour sortir du marasme (malgré une profession essentiellement basé sur la maîtrise des mots et donc, en l’occurrence, du français).
Je me revois encore prenant la décision de tout quitter et me disant « Aller, c’est bon, casse toi ! De toute façon, t’as pas le choix ! Arrête de te trouver des mauvaises excuses ! C’est le moment ou jamais. Ici, il n’y a plus rien pour toi et en plus, t’as toujours voulu partir vivre à l’étranger, t’as pas pu le faire pendant tes études, rien ne t’empêche de le faire maintenant !! ».
Je me revois encore travailler mon anglais comme une con-con, reprenant tout à la base, histoire d’espérer pouvoir prétendre un jour réexercer mon métier dans une autre langue.
Je me revoie encore le jour où j’ai quitté mon appart à Lyon… n’arrivant même plus à parler sur le chemin de l’aéroport tellement j’étais triste d’abandonner tout ce qui avait été ma vie (et une belle vie) depuis plus de 10 ans et tellement j’avais peur de ce qui m’attendait.
Je me revois encore lors de mon premier entretien d’embauche en anglais, ne comprenant pas la moitié de ce qu’on me disait, parlant comme une débile mentale, et répondant n’importe quoi tellement je devais me concentrer pour tenter de comprendre et essayer de faire une phrase.
Je me revois encore dans tous ces moments de doutes, d’angoisse, voire de désespoir profond, me demandant si tout ça allait enfin aboutir à quelque chose, si je ne m’étais pas plantée sur toute la ligne depuis le début, si, une seule fois, la chance allait me sourire à nouveau.
Pffffou !
Quand je revoie tout ça… j’ai une sorte de vertige.
On peut dire que ça n’aura pas été sans douleur.
Pour le coup, cette fois-ci, je ne pense pas avoir choisi le chemin de la facilité…
D’ailleurs, je me sens un peu comme un boxeur au dernier round, qui a du mal à savourer sa victoire tellement le combat a été difficile…
Mais malgré tout, je ressens une énorme fierté.
Comme rarement d’ailleurs (à challenge élevé, fierté élevée, non ?).
Ça ne m’arrive pas souvent (j’ai tendance à être un peu dure avec moi-même) donc j’en profite, s’est même pour ça que je l’écris. Oui, je suis fière de moi !
Fière d’avoir tenu le coup, fière de m’être entêtée, fière d’y avoir toujours cru au fond de moi-même…
Evidemment, rien de tout cela n’aurait été possible (oui, je me la joue un peu starlette aux Oscars, mais c’est promis… après j’arrête les posts dégoulinants de mièvrerie) sans le soutien sans faille de mes proches, famille et amis, qui ont toujours su être présents, dans leurs paroles et dans leurs actes, aux moments où j’en avais le plus besoin. Et ça, jamais je ne l’oublierai.
Bon, je m’arrête là avant de me mettre à chounier toute seule devant mon ordi (dans un cafe Internet, qui plus est).
Et puis il faut que je me bouge !
Du coup, il ne me reste que trois jours avant de reprendre une vie normale.
C’est presque trop rapide. Juste trois petits jours pour glander l’esprit enfin tranquille. Et j’ai plein de trucs à faire forcément, comme aller ouvrir un compte en banque ou aller m’acheter quelques fringues (ah ah ah !!!) pour coller au Dress Code qu’on m’a demandé de respecter dans ma nouvelle entreprise, c’est-à-dire « Smart Casual ». Bon, ça c’est plutôt une excuse parce que Casual Chic s’est déjà mon dress code personnel depuis toujours, mais bon… Il faut bien que je m’accorde une petite récompense… Parce que je le vaux bien !
Ah oui et une dernière chose ! J’ai bien l’intention de continuer ce blog tout en travaillant (oui, moi aussi j’ai des cotes “super woman” de temps en temps). Evidemment, ça sera plus simple quand la connexion Internet aura été rétablit à la maison (je pourrais vous mettre de la musique par exemple… Un vendredi sans musique, c’est un peu triste mais je n’ai pas le choix)…
9 Comments so far
je suis si contente pour toi … tu l’ai bien mérité !!! je pense aussi que tu n’as pas choisi le chemin le plus facile.. j’ai vu à quel point tout quitter te rebutait , mais j’ai aussi compris que tu avais pris la bonne décision!
je ne me fais aucun souci pour toi , tout commence enfin tout recommence … et pis comme ça tu pourra ( avec ton salaire) dévaliser " penis !!"
reste plus qu’à foncer … et ça je te fais confiance !!!
tout au fond de moi j’aurai aimé que tu rentre vite vite .. j’en ai marre que ma famille la plus proche parte pour l’étranger … mais je suis tellement fière de vous tous que j ‘en oublie que je ne pourrai pas vous voir avant un petit moment !! !
encore une fois bravo !!! tu as su relever le défi avec brio …
je pense bien fort à toi ..
mille bisous
Nous aussi on est trés fiers même si c’est un peu dur de vous avoir tous loin….
Tu es gonflée à bloc: c’est super et bon début.
Envoies nous des détails ensuite
Plein de bisous.
Ca fait vraiment plaisir ! Je suis hyper fiere de toi. Bonne nouvelle vie !
Super ton nouveau job!!!!!!!!
Je suis hyper fière de toi et j’ai hâte que tu reviennes sur ton blog pour nous raconter tes nouvelles aventures de femme active ds le pays des irlandais.
Bizz et encore bravo
Salut! Après les 4 heures passées au telephone jeudi soir je crois qu’il ne me reste plus grand chose à rajouter: Excellent et félicitation pour ce bel exemple "d’acharnement positif". Je suis impaciente d’en savoir plus sur ton boulot…
Foin de l’originalité, tout comme les autres je suis très fier de ma fille.
Ne perds pas ton blog et son humour ravageur.
Baisers remplis de fierté.
Dom
je suis tres fier et tres content pour toi
continue ton blog et a bientot
Et bien !
Je decouvre tous vos messages d’un coup (et oui, la connection n’est toujours pas retablie a la maison et, a priori, il y en a pour une bonne semaine encore… Ils sont un peu lent-lents ici, j’ai l’impression, parfois)… Donc, je suis toute emue… Je vais bien finir par me mettre a pleurer au milieu du cafe-internet… Ils vont croire que je viens de decouvrir les resultats du match de rugby.
Merci beaucoup pour vos messages et mails… c’est tres reconfortant de vous savoir tous presents (ca aide beaucoup dans les moments durs…).
Et je compte bien vous raconter, ici, mes aventures de femme active au pays des traitres du rugby (ces gros mechants d’Irlandais qui, tout a coup, soutiennent l’Angleterre… Quand je pense que j’ai ete triste pour eux quand on les a battu… Bon comme vous le voyez, je commence a me passionner pour le rugby. C’est un signe ! L’Irishitude m’envahit.).
Ah et Cha : Oui, je vais pouvoir devaliser "Penneys" !
et bien tu auras un commentaire tres original par sa provenance … SINGAPOUR, sinon pour le contenu ….. BRAVO, HOURRA, HIP HIP HIP ….. C est SUPER
Gros bisous