Sep 22

Dis à Chabal…

Category: Irish Stew by AL

Comme on me presse de questions depuis la France, je me sens obligée d’y répondre… Toutes mes excuses à ceux que ça désole de me voir parler Rugby dans ces pages, mais j’en remets une couche…



Donc, oui, j’ai fièrement représentée la France hier soir lors du choc entre mon pays à moi et mon pays d’adoption, tentant d’appliquer certaines des valeurs de ce sport : courage et abnégation.



De l’abnégation il en fallait.

Pour écouter sans broncher tout ce que j’ai entendu hier.

Et non, ce n’était pas facile. La journée a même été plutôt pénible. Les Irlandais affichaient une étrange confiance à toute épreuve. Moi j’avais décidé de garder profil bas. Je l’avais encore très mauvaise du lundi matin où je me suis faite ridiculiser par tout le monde après notre match contre l’Argentine alors que j’avais dit qu’on allait les écraser, c’est sûr…



Du courage il en fallait.

Pour passer la soirée dans un Pub, rempli à craquer d’environ 580 Irlandais (dont 460 mecs immenses et supers baraqués), en plein cœur de Dublin 4, fief historique du Rugby Irlandais (à côté, il y a le stade du Leinster et Lansdowne Park, pour les connaisseurs). On était trois françaises, avec nos copines irlandaises, et on savait d’avance que si la France perdait, personne ne nous ferait de cadeaux…





Mais quoi qu’il arrive, vivre un tel match dans un pub irlandais est une expérience assez unique. L’ambiance est complètement folle : chaque ballon, chaque passe, chaque action est accompagnée des cris de toute la salle. Tout le monde vit le match à fond et se met dans des états dingues. C’est intense et hallucinant. Et même le plus réfractaire se laisse immanquablement emporter dans cette grande hystérie collective.



Et comme on était arrivé à 17h00 pour avoir une place assise, on était déjà bien “en forme” quand le match a commencé ! Donc, oui, on a fièrement représenté notre pays, hurlant comme des folles, à contre temps de toute la salle.

C’est d’ailleurs une impression assez bizarre d’être en décalage complet avec tout le monde : pas contente alors qu’ils hurlent tous de joie parce que l’essai n’est (logiquement) pas validé et frôlant l’hystérie, dans un silence de mort, quand Clerc marque.



Donc voilà, 20 minutes avant la fin, ils avaient déjà perdu tout espoir C’est un peu le problème des irlandais d’ailleurs, ils se résignent à la défaite un peu trop rapidement…

Mais du coup, comme ils sont aussi très fair-play et pas hooligans pour un sou comme leurs « cousins » anglais, tu ne risques strictement rien à laisser éclater ta joie en fin de match. Même si, comme ils te font un peu de peine, tu te sens obligé de ne pas en faire trop quand même. C’est ça le problème… C’est là que par moments, tu regrettes un peu de ne pas être en France…



Mais tout est bien vite oublié, car pour les Irlandais, le remède est le même en cas de victoire comme en cas de défaite : bière à très haute dose !



Et puis jouer la France reste un de leurs grands plaisirs. Ils ont beaucoup de respect pour le rugby français et notre équipe. La Chabalmania, ça fait longtemps qu’elle existe ici. Ils l’appellent Caveman et n’ont toujours pas compris pourquoi Laporte l’avait laissé sur le banc quasiment tout le match contre l’Argentine (il fallait entendre le désespoir des commentateurs irlandais ce soir là). Et les Irlandaises trouvent nos joueurs absolument beaux, “Bein, oui, oui, c’est vrai qu’ils sont vachement beaux les français en général ” (loin de ton pays, tu perds le sens des réalités…) !



Donc la fin de soirée a été très sympathique, toute exaltée de bonheur que j’étais, malgré quelques petites blagounettes affectueuses des deux côtés : « C’est qui la fille avec les cheveux long qui joue dans votre équipe ? » ou « C’est vrai la rumeur comme quoi Chabal il est homosexuel ? … Oui, oui, c’est vrai. En fait tous les joueurs de l’équipe de France sont gays. Et Oui. En fait, vous vous êtes fait éclater par une équipe d’homosexuels ! »… (oui, ça vole pas haut… Pardon… Les effets de la bière…)



Ah, et puis, forcément… Puisque je suis française, il leur parait logique que je connaisse personnellement chaque joueur de l’équipe. Donc je suis chargée de dire à Seb, « Bravo, beau match ! » la prochaine fois que je rentre en France…


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