Plein de questions, pas de réponses
Waou. Dans une semaine très exactement c’est mon anniversaire et j’aurais 30 ans.
A chaque fois que j’y pense, j’ai une espèce de vertige, une crise de panique. Comme quand tu découvres que t’es à découvert de 827€ depuis 5 jours ou quand tu t’aperçois que t’as signé un Bon à Tirer pour 10 000 affiches avec une énorme erreur dans la date. Le grand plongeon… L’impression d’étouffer… Le corps qui ne répond plus… La sensation horrible de perdre pied.
Et ça m’énerve prodigieusement de réagir comme ça.
C’est pas comme si c’était une surprise. Ça fait quand même un certain temps que je sais que je vais avoir 30 ans un jour et ça fait quasiment un an que je me prépare psychologiquement. Je pensais que j’étais prête. Je voulais passer ce cap dans la sérénité, éviter d’être une caricature de trentenaire fébrile, Bridget Jones de bas étages, qui se tape une crise d’angoisse… Mais cette crise serait-elle une fatalité, un passage obligé ? Personne ne pourrait-il y échapper ? Et pourquoi ? Qu’est ce qu’il y a de si terrible dans le fait d’avoir 30 ans ? Qu’est ce qui nous fait flipper à ce point ?
Parce que si on y réfléchit objectivement, 30 ans, ce n’est pas vieux.
Et je ne me sens pas vieille. Et je n’ai pas l’air vieille. Je suis plutôt bien conservée. On me demande même encore ma carte d’identité parfois, pour acheter de l’alcool ou pour entrer dans certaines boîtes. Et ce n’est pas seulement parce que je vais faire mes courses en Sweet Roxy ou que je me perche rarement sur 15cm de stilletos pour sortir (non, non !).
Avoir 30 ans serait-il une sorte d’étape psychologique ? Le temps d’un bilan ? Un moment où, événement oblige, chiffre rond, décennie, tu t’arrêtes et tu regardes derrière, puis devant ? Qu’est ce que j’ai fais ? Qu’est ce que je n’ai pas fait ? Qu’est ce que j’ai ? Qu’est ce que je vais faire ? Qu’est ce que je veux faire ? Et comment y arriver dans le temps qui m’est imparti ?
Et le fait se poser ce genre de questions, plus ou moins salutaires, plus ou moins nocives, ne t’amène-t-il pas immanquablement à faire des comparaisons ? A comparer ton petit bilan personnel à une sorte de norme établie ?
Et soudain tu découvres que tu n’es pas dans les clous, pas dans les bonnes cases, plus dans les statistiques ? Pas le bon boulot, pas le bon salaire, pas le bon mec, pas le bon nombre d’enfants, pas le bon Plan Epargne Logement, pas le bon Plan Retraite, pas le bon mode de vie, pas le bon régime alimentaire, pas le bon téléphone portable, pas le bon gommage-exfoliant pour le corps ? N’y a-t-il pas toujours un truc qui merde et qui te fait flipper voire même culpabiliser ? T’as pas tout bon et même si ce que t’as, c’est pas mal, ce ne serait pas suffisant ? Tu serais quand même obligé de flipper ? Ou alors de développer une force mentale hors du commun, une confiance à toute épreuve, une philosophie de la vie inébranlable ? Faire taire les doutes, exorciser les démons, génocider la peur ? Assumer tout, toujours, sans états d’âme ? Ou juste se bourrer la gueule pour arrêter de penser à toutes ces conneries ? Ou juste essayer d’être toi-même, de suivre ton cœur et continuer à chanter ?
Ouais, je sais pas…
Je m’égare un peu…
Je cois que le mieux pour ma santé mentale, c’est que ce putain de 8 octobre arrive rapidement et qu’on oublie tout ça…