Nov 19
Comment font-elles ?
En ce lundi matin, à peine remise d’un week-end fort sympathique mais fort alcoolisé, j’enfilais donc ma tenue de super Marketing & Operations Manager pour une journée forte en action, rebondissements, petites joies et grosses prises de tête, tentant d’être brillante, efficace, dynamique, souriante, voire drôle même parfois.
Pas terrible mon état à la sortie. La tension est palpable…
Tout juste rentrée à la maison, j’enfilais ma tenue de combat afin d’affronter le froid, le vent et la pluie pour aller faire des courses, à pied bien sûr (pour sauver la planète) au supermarché. Quinze minutes de marche dans l’adversité, chaleur étouffante à l’arrivée (la tenue de combat n’étant pas adaptée à l’intérieur du supermarché), errements dans les rayons pour trouver tout ce qu’il me faut (ils ne rangent pas tout comme nous ici, j’ai mis trois mois à trouver les cotons-tiges au rayon bébé par exemple), queue énorme et pathétique avec tout le monde qui fait sa tronche du lundi, retour non moins pathétique face au vent portant 15 kilos au bout de chaque bras.
Bref… la tension monte, monte, monte…
De retour, finalement, à la maison, j’enfilais cette fois ma tenue d’ingénieur spécialisé en tout, pour tenter de comprendre l’odeur nauséabonde qui a envahit toute la baraque… Après enquête et diverses expériences de confirmation, il s’avère que cela vient du charbon que mon coloc fait cramer dans la cheminée… Le même utilisé dans les locomotive au 19ème siècle !! S’en suit un évident débat quant à la nocivité et à la dangerosité d’une telle pratique ! Déjà que j’avais mal au bide, en plus maintenant j’ai mal à la tête !!!
La tension est à son summum, l’explosion devient envisageable…
Après une petite pause clope (salvatrice), j’enfile alors ma tenue de cuisinière en apprentissage, et me lance dans la préparation d’un Poulet Coco sans recette (enfin disons que la recette est dans ma tête, d’après les souvenirs de ce que m’a dit ma copine Eléonore, lors d’une soirée, il y a deux semaines…). Or comme la cuisine, c’est un peu ma honte personnelle, mon échec flagrant, je me donne à fond pour tenter de réussir. Et même si je suis toujours déçue, j’essaye de ne pas le montrer (par pure stratégie, déformation professionnelle, “ne jamais critiquer le produit, toujours paraître extasiée”) et ce n’est pas facile. Une vague de découragement intense m’envahit d’ailleurs avant même d’avoir goutté, à la simple vue de ces ridicules morceaux de poulets flottant sans grâce dans le lait de coco. Il va en falloir de l’énergie pour s’extasier devant ça !
Maintenant, c’est au-delà de la tension et de l’explosion, on flirte avec l’épuisement total, proche du renoncement…
Mais il me reste à peine quelques minutes pour enfiler ma tenue de maîtresse de maison hypersociable, à la fois douce et rigolote, pleine d’esprit et déconneuse, attentionnée, charmante, jolie, etc. Tout ça en Anglais dans le texte bien sûr. Et n’oublions pas qu’en plus, je dois faire passer mon projet de décoration de la maison pour Noël.
L’alcool est mon dernier espoir pour arriver à gérer ça… J’ai juste envie de m’enfuir dans la nuit, même s’il fait hyper froid…
Et tout à coup, je me suis imaginée ce qu’aurait pu être ma journée si j’avais dû, en plus de tout ça, enfiler ma tenue de super maman des temps modernes et pour finir ma tenue de femme fatale amante parfaite…
Et là, j’ai eu très envie de pleurer…