Le féminisme n’a jamais tué personne…*
Ce matin de me suis levée au son de ma Playlist “Eté 69 - Hippy Music“, ça m’a mise d’une humeur totalement Peace & Love. En marchant dans ma Love Street, je me suis sentie comme un oiseau libre, j’ai imaginé tous les gens partageant le monde, et j’ai pensé qu’on pouvait donner une chance à la paix, en chantant un blues cosmique.
C’est peut-être mes nouvelles activités qui m’ont donné l’impression de revenir 30 ans en arrière et l’envie de réécouter les vieux tubes de papa.
J’ai en effet décidé d’assumer pleinement mon féminisme, quite à être plutôt à contre-courant de la tendance actuelle, et d’entrer dans l’activisme.
Marre de subir tous les jours en silence, marre de voire les droits de mes soeurs bafoués jours après jours partout dans le monde, marre qu’on ne reconnaissent pas aux femmes, ici, en Irlande, juste à côté de chez vous, un droit fondamental (les détails ici ou encore mieux, mais en anglais, ici).
J’ai donc rejoint le groupe Pro Choice de Dublin (mouvement en faveur de l’aboilition des lois contre l’avortement, entre autres…).
Et demain, j’ai maniph.
Bon, je ne vais pas bruler mon soutien-gorge au milieu de Grafton Street, ni même hurler “Mon corps m’appartient !” ou “Un enfant, si je veux, quand je veux !” debout sur la statue de Michael Collins. Non, non… On en n’est pas encore là.
Non, demain on s’attaque à l’ennemi : les fanatiques religieux et leurs houteuses activités.
On manifeste contre une agence de “counselling en grossesses non désirées”, qui se fait appeler “Un choix pour les femmes” afin d’attirer, à grand renfort de pubs dans le tram et dans les Pages Jaunes, les femmes ou jeunes filles envisageant l’avortement.
Mais ce ne sont pas vraiment des conseils éclairés, impartiaux, ni même anonymes d’ailleurs, qui leurs sont délivrés par cette agence.
Ils donnent de fausses informations, comme : l’avortement cause des cancers, l’infertilité, la frigidité, vous rend alcoolique et fera de vous une mère abusive, il est interdit aux femmes irlandaises d’avorter après 8 semaines (alors qu’en Angleterre, il n’y a même pas de date limite) ou encore que vous êtes obligées d’avoir une écho avant d’avorter, et bien d’autres.
Ils essayent de manipuler et de terroriser des femmes déjà en situation de vulnérabilité, en leur mettant dans les bras des foetus en plastique et en leur montrant des vidéos d’horreur.
Les femmes qui décident quand même d’avoir recours à l’avortement sont harcelées de coups de téléphones et de lettres ignobles.
L’agence a même déjà appelé des services IVG à l’étranger, en se faisant passer pour les femmes concernées, afin d’annuler leur rendez-vous.
A chaque fois que ses activités sont révélés dans la presse ou qu’un scandale éclate, cette agence se contente de changer de nom et poursuit ses agissements sordides. Le gouvernement connait la situation mais n’agit pas, au profit d’une loi garantissant la liberté de councelling (tant que tu ne touches pas de fonds publics et que tu n’usurpes pas un titre protégé, médecin par exemple, tu peux raconter et faire ce que tu veux).
Dans un pays où parler de l’avortement est tabou, où beaucoup de femmes se retrouve seules à gérer une grossesse non désirée, craignant de demander conseil à leurs amis, famille ou partenaire, de réelles agences de counselling, sont nécessaires. Les gens qui profitent de la détresse et de la vulnérabilité de certaines femmes pour imposer leur vision rétrograde du monde ne peuvent avoir pignon sur rue.
Il s’agit donc demain de manifester pour la fermeture définitive de cette agence et pour la mise en place d’une régulation officielle des services de councelling en Irlande (ça se passe devant cette agence (WRC), à 13h00, au 50 Upper Dorset Street, pour les Dublinoises d’adoption qui lisent ces lignes et qui voudraient manifester leur opposition à de telles pratiques).
- Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours.
Benoîte Groult