Dec 18
Party Time
En rentrant chez moi, samedi soir, aux alentours de 3h30 du matin, j’ai réalisé pourquoi j’aimais vraiment vivre dans ce pays.
Entre 3 et 4, c’est l’heure où tous les bars, pubs et les boîtes ferment à Dublin.
Des milliers (et je n’exagère pas, cette fois) de gens se retrouvent donc dans la rue.
L’adage “4 h, 4 grammes, 4 pattes” se revèle ici encore plus vrai qu’ailleurs. Mais là n’est pas mon propos… De toute façon à cette heure si, pour peu qu’il y ait eu au moins un irlandais dans ton groupe de potes ou que tu aies pris leur bonne vieille habitude de la Tournée Générale, tu es toi même dans un état qui ne te permet pas vraiment de porter un jugement négatif sur les autres.
Non, ce qui était particulièrement impressionnant, c’était le nombre de personnes dehors à cette heure-ci (ce qui est déjà tard, si tu prends en considération l’heure moyenne à laquelle commence une soirée ici, c’est à dire tôt).
On se serait cru Rue de la Ré (à Lyon, pour les Nantais) par un jolie après-midi de printemps.
Une folie furieuse ! Des centaines et des centaines et des centaines de gens déambulant bruyamment, voire maladroitement, à la recherche d’un taxi, de la direction de leur maison ou de leur petite-copine…
Les éclats de rire avinés, les cris d’une joie alcoolisée, la satisfaction partagée d’une bonne soirée, l’euphorie du dernier verre qu’on aurait pas du boire… tout ça mêlé, créant une ambiance un peu folle, un peu borderline, free style, libératrice.
Mais plus que vivre dans un pays d’alcooliques, où chaque chose est prétexte à la fête, c’est le fait de vivre dans un pays jeune qui est particulièrement euphorisant.
Et c’est ce qui fait la plus grande différence avec la France.
Voir des jeunes (je parle aussi des jeunes comme moi), partout, tout le temps, dans la rue, dans le tram, dans les magasins, dans les bars, dans les restos, dans les parcs, dans ton entreprise, dans ton immeuble, dans ton assoc, dans ta soirée, etc… Et bein, putain, ça fait du bien ! ça change tout, même ! Tu te sens plus vivant, plus léger, plus à ta place, plus présent, plus là… C’est difficile à expliquer même. Mais c’est grisant à vivre.
Alors quand en plus, les jeunes ont de l’argent. Tout devient un peu fou.
Bref, malgré le climat, malgré les effets pervers engendrés par trop d’argent, trop vite, dans une société, ça fait du bien d’être là…
Après les années noires (voire les siècles), ici, c’est “Party Time” et c’est bon.
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