Jan 5
Femmes des années 2000
Que je vous raconte quand même un peu mon nouvel an car il m’a laissé quelque peu perplexe.
Je l’ai passé ici, à Dublin, avec deux de mes copines, venues me rendre visite pour 4 jours de festivités à l’irlandaise. Tout s’est bien passé, on s’est bien amusé, c’était super… Ce qui m’a laissé perplexe, c’est la similitude de nos vies à toutes les trois et le certain mystère qui en découle.
- On a le même âge, entre 28 et 30.
- On est jolies, voire très jolies (là, je ne parle pas de moi, quand même…).
- On a toutes les trois des professions plutôt CSP+ (psychologue renommée, pharmacienne à succès ou Marketing Manager) et des niveaux d’éducation supérieurs (sauf moi qui prend des allures de pauvresse avec le Bac+3 qui désespère tant mon père… mais on dira que c’est une sorte d‘accident…).
- On gagne suffisamment d’argent pour se payer des apparts (bon pas moi, mais j’y travaille), des vacances à l’autre bout du monde et des coupes de cheveux à 200 euros.
- On a des belles fringues, des beaux sacs, du beau maquillage et de belles épilations des sourcils (et de tout le corps d’ailleurs).
- On est intéressantes, pleine d’esprit, rigolotes, on bouge joliment notre corps quand la musique est bonne et on ne rechigne jamais devant une nouvelle tournée de mojitos.
Bon j’arrête avant de paraitre légèrement prétentieuse, mais en gros voilà à peu près le tableau…
Mais on a aussi un dernier point commun : une vie sentimentale merde.
Comment résumer ? En quelques mots : grandes histoires ratées qui laissent des traces, romances avortés, multitudes d’histoires sans lendemain, ramenages hasardeux sous l’effet de l’alcool, etc. Plein de tocards, plein de fantômes dans le placard, plein de souvenirs plus ou moins douloureux.
Résultat : tout pour plaire mais toujours célibataires.
Et on est loin d’être les seules.
Quel est le problème ? Quel est notre problème ?
Pourquoi on n’arrive pas à trouver des hommes qui nous conviennent ou quand on les trouve, ça ne marche jamais ?
Est-ce qu’on fait peur aux hommes ?
Ça, je n’y crois pas l‘espace d’une seconde. Du haut de mes 1,60m, je n’ai jamais impressionnée personne… Ce serait avoir une bien basse image des hommes que de penser ça.
Est-ce un problème d’éducation ?
Nos soixante-huitards de parents nous ont certes appris à rêver nos vies et à vivre nos rêves, le plaisir et le bonheur comme but ultime et à être des femmes libres, mais ça passait aussi par une vie de couple harmonieuse et épanouissante, voire par plusieurs vies de couple si nécessaire. Et puis ma soeur (qui est sans doute la personne au monde qui a eu l’éducation la plus identique à la mienne) va se marier cette année, donc…
Est-ce qu’on cherche l’impossible ?
Je ne crois pas, on est quand même réalistes. Les histoires de princes charmants, on n’y croit plus depuis une vingtaine d’année (on a vu Shreck en plus).
Oui, c’est bien mystérieux tout ça.
La vrai question ne serait-elle pas : Qu’est ce qu’on veut ?
Et cette question ne contiendrait-elle pas la réponse à ce passionnant problème ?
Qu’est ce qu’on veut ? Et bien justement, on ne sais pas très bien ce qu’on veut.
Ah si ! On veut tout.
On veut avoir plus de temps mais on ne veut pas vivre sans nos super jobs passionnants qui ne nous en laissent que peu.
On veut vivre l’aventure de la vie à deux mais on ne veut pas sacrifier grand chose de nos vies actuelles.
On veut avoir des enfants, mais l’idée d’être coincée à la maison à s’occuper d’un chiard hurlant nous donne juste des envies de trompes ligaturées.
On veut des histoires d’amour un peu folles mais on ne veut plus souffrir.
On veut des grandes maisons au bord de la mer mais on ne veut pas faire le ménage.
Et cette maison, on veut l’acheter à deux mais on ne veut pas, à ce prix là, laisser tomber nos vacances dans le pacifique.
On veut s’engager mais on veut rester libres.
On veut entrer dans la norme mais on veut vivre d’absolu.
Ouais, ça ressemble à un problème sans solution.
Il y en a qui disent qu’un jour tu rencontres quelqu’un qui te fait oublier tout ça. Espérons qu’ils ont raison, même si ça ressemble un peu trop à une vision “prince-charmantesque” pour être vrai…
8 Comments so far
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Bonjour,
Je viens de ttomber sur ton blog par hasard (à la base je voulais tapais canalblog qui est devenu alblog)… J’en ai profité pour lire ton billet… Etrange comme il m’interpelle… J’ai un homme mais j’ai l’impression que ça vire “grandes histoires ratées qui laissent des traces”, j’ai aussi droit aux tocards et j’ai quelques fantômes dans mon placard… J’ai envie de prendre mon envol mais j’ai l’étrange sentiment que moi aussi j’aurais du mal à retrouver… Je serais plus méfiante, plus exigeante… Comme tu le dis je ne sacrifierais pas ma vie pour quelqu’un… Non je l’ai fait une fois et je vois à quoi ça mène…
Ensuite oui je pense que les femmes intelligentes impressionnent… Elles sont cultivées, indépendantes et ça les hommes ils n’aiment pas forcément… Sans forcément une femme au foyer, je pense qu’ils voudraient plus la petite femme gentille et aimante…
Tout ça est compliqué… Très très compliqué… J’ai un collègue qui dit que le problème des femmes est qu’on cherche le grand amour… Celui des contes des fées mais qu’il n’existe pas… Enfin, tout cela est compliqué, très compliqué… Je te souhaite néanmoins de trouver chaussures à ton pied… Moi perso, l’amour je ne veux plus le croiser avant un p’tit moment… Ca fait trop souffrir… D’ailleurs avec une amie célibataire on se rend compte que finalement on est beaucoup plus épanouie quand on a personne dans le coeur…
Bonjour,
Contente de voir que donc, je ne suis pas la seule à trouver tout cela bien compliqué et bien mystérieux.
Plus exigeantes et plus méfiantes, c’est évident que nous le sommes… de par notre expérience je pense. Et c’est bien le problème, on ne peut pas revenir en arrière et ça ne nous aide pas à accorder notre confiance facilement.
Le fait que nous cherchions le grand amour ? Peut-êre bien, cette connerie de Prince Charmant nous a plus profondément traumatisées qu’on ne le pense… Ou alors c’est parce qu’on cherche toujours à être au top dans tous les domaines, alors pourquoi pas en amour… Je ne sais pas.
En tout cas, merci pour ton message et j’espère que tout ira bien pour toi. Et c’est vrai que l’essentiel est d’être heureuses et épanouies… surtout quand on est seule…
Ah les filles vous souffrez d’un dedoublement de personnalite entre ce que l’on vous a foutu dans la tete (une fille doit etre jolie, elle est forcement plus responsable, elle doit chez l’estheticienne parce qu’une femme doit pas avoir de poils etc) et ce a quoi vous aspirez cad ne pas etre prises pour des dindes, un bon salaire, qu’on nous foute la paix etc. Et ben voila le noeud du probleme: on ne nous fout jamais la paix! tu es mince? T’es pas assez feminine. Tu es grosse? Fo maigrir. Tu as des enfants? Mais pourquoi travailles-tu encore mere indigne? Tu n’en as pas? Espece d’egoiste! Pas etonnant que nous ne sachions plus quoi faire, ni satisfaire ou qu’on soit “plus exigeante”. Les hommes eux peuvent se permettre de reclamer ca de notre part, mais nous quand on en veut un qui soit intelligent, cultive, pas macho qui nettoie les sols torche les gamins ne rigole pas a nos etats d’ame et qui en plus travaille et se met des cremes hydratantes on nous dit qu’on est des feministes enragees.. Cherchez l’erreur.. Pas de solution mais un grand coup de gueule.. les filles restez celibataires tant que ce que vous cherchez n’est pas disponible.. Y a pas de raison, vous etes geniales vous allez pas vous foutre avec des tocards…
Waouh ! Anne est dans la place !
Tu m’avais manqué, j’en oubliais presque mes règles de base du féminisme… Je ne m’étais volontairement pas lancée dans une analyse du rôle de la société actuelle et notamment de ses relents misogynes… Merci de le faire.
Bravo en tout cas, bien dit !
Très bonne analyse de la femme célibataire. La condition de l’homme célibataire, il y en a encore beaucoup, est très proche. Je connais des célibataires intelligents, cultivés et avec un bon job, …plus quelques défauts un peu cachés. Nul n’est parfait! mais la perfection n’est pas indispensable à la vie de couple, seul est nécessaire une belle capacité au compromis et une dose d’humour. Tu ne manques certes pas de cette dernière qualité, travailles le compromis.
NB: un bac +3, serait plutôt un avantage, puisqu’on prétend que les hommes ont peur des femmes trop diplmées.
Ah, ah… C’est joli tout ça…
Mais pourquoi les hommes auraient peur des femmes diplomées… Ils ne nous font pas peur à nous les hommes diplomés… C’est quoi le problème ?
Mesdames, tous les hommes n’ont pas peur des femmes intelligentes et diplômées, il y en a même qui les recherchent.
Ma femme par exemple est non seulement belle, mais aussi intelligente, attentionée, loyale et un peu dominatrix sur les bords (juste ce qu’il faut pour mater les rebellions), et elle est à Bac+4 alors que je n’ai qu’un Bac+3.
Mais sa plus grande qualité c’est sa volonté de communiquer en permanence (comme toutes les femmes?) et sa capacité à m’obliger à communiquer. Dans 80% des histoires de couple qui ont mal tourné autour de nous, il y avait un problème de communication. Il vous faut donc trouver un homme ou une femme sur la même longueur d’onde et qui communique bien avec ou sans paroles (en plus d’être beau, riche et bien bâti).
Si par exemple vous vous sentez un peu étouffées dans une relation il faut le dire à votre partenaire qui à son tour peut réagir en essayant de corriger le tir ou en vous expliquant pourquoi il adore vous étouffer mais peut-être que des solutions peuvent se trouver, “mais bon on verra ça demain matin parce que là il est quand même 3h30 du matin et je bosse demain et … euh … tu dors???”
Aaah, c’est bien d’avoir encore un avis masculin… et en plus un avis intéressant… La communication semble en effet un bon moyen pour régler pas mal de trucs. J’essaierai de bien m’en souvenir, la prochaine fois…