Archive for May, 2008
Questions de mariage
Dans 10 jours, je vais à un mariage.
Et pas n’importe lequel, celui d’une des personnes les plus proches de moi : ma couz, avec qui j’ai grandi et qui habite à Dublin, elle aussi.
C’est donc beaucoup d’émotions en perspective.
Parce qu’un mariage, c’est toujours émouvant. Non ?
L’engagement fort que cela représente, les promesses d’amour éternel et d’entre-aide indéfectible, les fleurs partout, le champagne ?
Je ne sais pas.
Mais c’est émouvant. Difficile de rester insensible.
On pourrait même dire que cela représente une certaine épreuve pour les nerfs.
Spécialement quand vous êtes célibataire.
Spécialement quand vous y allez seule.
Spécialement quand votre vie amoureuse tourne au désert post-apocalyptique.
Et plus le grand jour approche, plus le trac monte.
Encore une fois, je ne peux m’empêcher de me poser certaines questions :
- Le fait d’avoir acheté des chaussures roses avant d’avoir trouver ma tenue n’était-il pas un pur non sens conduisant tout droit à la faute de goût ?
- Quand mon grand-père va me demander “Et toi, tu as un fiancé ?”, puis-je lui avouer la vérité crue, à savoir “Non, et je pense pas que j’en aurais un avant que tu meurs.”.
- Lors du repas, serais-je placée à côté de Scott, le surfeur californien, ou à côté de Jérôme, le demi-frère du cousin de ma tante, 23 ans et demi, étudiant en sciences économiques ?
- Serai-je suffisamment belle pour que les gens pensent “Quel dommage, une si jolie fille ! C’est incompréhensible. Aaaah les hommes d’aujourd’hui ! On ne les comprend plus.”, et non pas “Et oui, c’est triste. Mais ça a toujours existé… De mon temps, on appelait ça des vieilles filles.”
- Si le DJ passe “Corazon Espinado” ou “With or Without you” ou “In my Place” ou “Stand by my Woman”, vais-je réussir à ne pas éclater en sanglot en me remémorant toutes ces histoires ratées qui ont évidemment conduit à tout, sauf à un mariage ?
- Choisir une robe claire n’était-il pas surestimer de manière fantasmatique l’effet des pastilles de Beta-carotène que je gobe chaque jour depuis un mois dans l’espoir de foncer artificiellement la couleur déprimante de ma peau ?
- Vais-je pouvoir éviter de m’affaler pathétiquement sur la table à la fin de la soirée, complètement ivre, en déblatérant des horreurs sur le mariage, l’amour, les hommes et la vie en générale ?
- Puis-je omettre de me vernir les ongles ou, se faisant, vais-je passer pour une hippie alter-mondialiste lesbienne ?
- Suis-je vraiment suffisamment forte psychologiquement, suite aux derniers rebondissements pathétiques de ma vie sexuelle, pour supporter l’immanquable question “Alors, tu ne nous as pas ramené un petit Irlandais ?” sans vomir mon punch à la gueule du pauvre innocent qui aura prononcé ces mots ?
- Ma grand-mère va-t-elle me gratifier d’un fatal “Oh et bien tu as engraissée toi ! Tu devrais demander à ton oncle (médecin) de te mettre au régime. Regarde comme ça a bien marché sur ta tante et sur ta cousine. Un petit effort ! Il faut souffrir pour être belle.”
- Se jeter, de manière complètement préméditée, sur un pauvre californien que tu ne reverras jamais est-il vraiment une solution raisonnable pour tenter d’oublier, l‘espace d’une soirée, qu’on célèbre l’amour et que toi tu n’as rien à célébrer ?
- Ne serais-ce pas une bonne idée d’essayer de trouver du cannabis ?
- Est-ce que je vais tenir toute la soirée avec mes nouvelles chaussures roses ou dois-je apporter une paire de baskets, quite à terminer la nuit avec un look de Britney Spears des grands soirs ?
- Et les californiens, vous croyez qu’ils préfèrent les petites françaises blondes ou les grandes irlandaises brunes ?
L’enfer est peuplé de gros salauds (la Terre aussi)
Quand ton coeur/ta fierté vient d’être écrabouillé(e) en morceaux par un homme qui tel un Kadhafi des sentiments s’en est servi comme d’un paillasson, la colère arrive vite, juste après le désespoir.
L’envie te prend soudain de poser les quelques questions que tu retiens depuis un moment à tes colocs, deux spécimens eux-mêmes psychopathes mentaux en relations amoureuses :
- Ah t’as pas dormi ici cette nuit ? C’était bien ? Et dis voir, que signifiait exactement le “Mais il n’y a pas d’autres filles ! Ils n’y en aura jamais d’autres ! Je m’en fous des autres. Il n’y a que toi !”, que tu as hurlé au téléphone l’autre jour à ta copine en France, avec des trémolos et du désespoir dans la voix, que même moi, ça m’a fait dresser les poils sur les bras ?
- Ça ne te pose pas de problèmes fondamentaux de draguer activement la meilleure copine de la fille avec laquelle tu viens de vivre une histoire de deux ans et à qui tu viens juste d’annoncer par sms que tu ne la rejoindrais pas vivre en Australie et que tout était fini entre vous ?
- Tu trouves ça sain de passer toute une soirée avec une italienne que tu sais avoir un coup de coeur pour toi et dont “en fait tu n’as rien à foutre” et que tu ne trouves “même pas jolie” ? C’est quoi l’intérêt ?
- Est ce qu’elles sont au courant, les trois filles différentes avec qui tu couches en ce moment de ta philosophie “C’est toujours mieux d’avoir plusieurs filles en même temps, en attendant d’en rencontrer une qui te plaît vraiment”.
- Quand tu lui a hurlé “Ne sois pas ridicule !” sur le pas de la porte quand elle est parti en courant après avoir découvert l’étendue de tes sentiments réels pour elle, tu pensais vraiment que c’était elle qui était ridicule ?
- Etait-ce vraiment nécessaire de lui dire “Je t’appelle demain, on pourrait dîner ensemble”, alors que tu quittes le pays ce soir pour 7 semaines ?
- Quand tu dis, “Je ne comprends pas qu’un mec puisse faire ça à une fille comme toi”, c’est juste une blague ou tu veux coucher avec moi ?
BANDES DE MALADES MENTAUX, va !
5 commentsBad Period
Je me sens un peu perdue en ce moment.
J’ai l’impression de ne pas arriver à suivre le fil de ma vie.
D’être comme piégée dans une tempête de sable, sans arriver à voir quelle direction prendre pour me sortir de cette passe.
Un peu comme si tout échappait un peu à mon contrôle.
Impression désagréable d’être en roue libre.
Le pire étant évidemment qu’il n’y a pas de raison purement objective à cet état, pas de problème majeur, pas de drame évident. Juste une accumulation de petites choses apparemment anodines. Des histoires de dentifrice , des histoires de robes, des histoires de poules, des histoires de grincements, des histoires de tatouages celtiques, des histoires pathétiques…
Trop de sentiments différents qui s’emmêlent. Les nerfs à fleurs de peau.
Même pas capable d’écrire trois lignes correctes…