Archive for June, 2008
Le pays qui dit Non
Oh bein c’est merveilleux ! Tout le monde parle de l’Irlande depuis quelques jours.
Et cette fois, ce n’est pas à cause d’un ballon ovale, d’une vieille lutte indépendantiste ou d’alcoolisme de masse. Ça nous change…
Il aura quand même fallu un gros “NO” dans la gueule des dirigeants européens pour attirer un peu l’attention sur ce charmant pays peuplés d’êtres atypiques.
Européenne dans âme, ayant la chance de vivre au quotidien l’Europe dans ce qu’elle a de meilleure (la possibilité d’immigrer et de travailler facilement ailleurs qu’en France), cette nouvelle ne m’a pas forcément réjouit. J’avais même plutôt milité en faveur du oui.
Mais le fait est, que c’était prévisible à 100%. C’est même étonnant que les autres pays européens ait semblé si surpris.
Depuis quelques semaines j’avais l’impression de revivre exactement la même histoire qu’en 2005, lors du vote français :
- Un référendum sur une question que personne ne comprend vraiment, à propos d’un traité relativement opaque, dont on a du mal à saisir les tenants et surtout, les aboutissants.
- Une grande coalition bâtarde de tous les partis principaux, en faveur du oui, incapable de donner des arguments valables, à part “On va avoir l’air con si on vote non”.
- Des tas de groupes et groupuscules d’obédiences diverses et variées, à tendances extrémistes de préférence, manipulant les peurs primaires des uns et des autres afin d’obtenir la victoire du non, usant d’arguments relativement limpides à défaut d’être honnêtes.
- Un contexte mondialo-politico-économique inquiétant, pas vraiment propice à quoi que ce soit, surtout pas à un vote de confiance.
Donc voilà, tous les éléments étaient réunis pour une défaite dans les grandes largeurs, malgré un taux de participation élevé pour un référendum en Irlande.
Il y aussi un contexte local qui rend relativement évidente la victoire du non:
- L’Irlande (maintenant tout le monde le sait je crois) est un pays de 4 millions d’habitants. De ceux-là même qui perde beaucoup de poids dans le système de prise de décision européen mis en place par le traité de Lisbonne. Ce n’était pas le cas pour la France, ce qui ne nous avait pas empêchés de voter non quand même.
- L’Irlande a été un pays occupé, colonisé et maltraité pendant des siècles et des siècles. Ils ont retrouvé indépendance, liberté et libre arbitre en 1921. Ils ont craint de les perdre à nouveau.
- L’Irlande est un pays neutre et pacifiste (un peu pour les mêmes raisons que précédemment), l’histoire d’une défense et d’une armée européenne commune, ça ne les enchante guère.
- L’Irlande a vécu dans la misère pendant des siècles. Dans les années 80, elle était classé comme “pays du Tier Monde”. Elle doit en parti sont miracle économique à un système de taxation des entreprises favorable. Le fait de risquer de le voir remis en question leur a fait froid dans le dos. Ils ont envie d’être prospères un peu plus de 15 ans dans leur histoire.
Même si ces arguments peuvent paraître discutables, ils n’en sont pas moins compréhensibles, à mon avis.
Et il y certaines choses qui m’énervent profondément dans les réactions que je lis et que j’entends ces jours ci, venant d’un peu partout en Europe.
- “Ce n’est pas normal que 4 millions de personnes décident pour 495 millions.”
C’est clair. Mais t’as vu ça où que 495 millions de personnes avait décidées ?
Tous les pays où il y a eu référendum (France, Hollande et Irlande) ont dit non. Si on organisait 26 autres référendums demain, on aurait 26 autres non.
- “Les Irlandais sont des égoïstes, ils ont touchés plus d’argent de l’Europe que n’importe qui et maintenant ils ne veulent pas payer pour les autres.”
Soit, ils ont reçu beaucoup. Mais au moins, ils ont réussi à en faire quelque chose de cet argent, contrairement à certains pays. Et ils sont partis de tellement bas que c’était un peu normal. De plus, on peut leur reprocher d’être alcooliques, soit, mais certainement pas égoïstes. Je n’en ai entendu aucun dire que ça le faisait chier de payer pour les autres. Là n’est pas leur problème.
Bref, espérons qu’une solution satisfaisante pour tout le monde puisse être trouvée.
Mais est-on en droit de se sentir confiant, sachant que c’est notre cher Président qui va diriger tout ça ?
C’est peut-être là l’erreur fatale des Irlandais : ils n’ont pas bien réalisé à qui ils allaient avoir à faire…
Mon ami intime
Quand l’homme avec qui vous avez une aventure dit (pas à vous directement bien sûr, c’est un homme délicat…) qu’il ne vous considère pas comme sa copine mais comme une “amie intime”, comment devez-vous le prendre ?
Très bien.
Une chose est sure, cet homme là n’envahira pas votre vie de sentiments mièvres.
Bien.
Vous pouvez considérer heureux d’avoir encore réussi à trouver un homme avec qui tout engagement est impossible et qui viendra bientôt rejoindre la longue liste de ces histoires sympathiques et stériles qui constituent l’essentielle de votre vie amoureuse.
Plutôt bien.
Il aurait pu dire “Fucking Friend” si il n’avait pas été aussi délicat. Vous pouvez donc vous féliciter de fréquenter un homme qui utilise des mots poétiques… Un poète, en somme.
Moyennement bien.
Si vous commencez à vous demander quel facteur pourrait soudainement vous faire passer du statut de “ami intime” à copine, quel critère vous ne remplissez pas pour avoir cet honneur, qu’est ce qu’il vous manque pour en arriver là.
Pas très bien.
Si en faisant un bilan rapide vous vous apercevez que depuis un moment peu d’hommes vous ont considérée comme leur copine. Loi des séries ? Envoûtement vaudou ? Mauvais karma amoureux ? Grave problème personnel dans le choix de vos partenaires ? Mystère opaque et complet.
L’esprit empêtré à ne pas savoir laquelle de ces réponses choisir, une seule certitude s’impose : vous vous sentez vexée.
Comme un poux même… Si l’on peut vraiment se permettre une si sotte expression qui impliquerai qu’un poux puisse se sentir vexé par quelque chose, qui plus est par quelque chose d’aussi important que vous.
Vexée, parce que bien sûr, vous aimeriez bien que les hommes avec qui vous partagez certaines choses, et notamment des choses sexuelles, vous considère mieux que ça. Vous souhaiteriez même qu’ils soient secrètement, voire publiquement, amoureux de vous. Ça flatterait votre ego. Ça vous ferai vous sentir comme les 2 milliards d’autres femmes de la planète en âge de fréquenter des hommes.
Vexée parce que, même si vous avez cette tendance pathologique à considérer les hommes comme des trophées sexuels, ça vous emmerde profondément qu’ils en fassent de même avec vous.
Vexée parce que ça vous fait encore vous sentir comme un mélange pathétique de Carrie Bradshaw et Bridget Jones, statut que vous ne souhaitez plus revendiquer depuis des années.
Vexée parce que si l’idée vous avait un instant traversée l’esprit d’essayer de donner une chance à cette histoire, vous vous êtes visiblement encore trompée.
Pff !
C’est tout pourri les mecs parfois.
Je suis trop impatiente de voir la gueule du prochain.
Ça va surement être drôle.
Encore une fois.
Cher pays de mon enfance
Et non, je ne suis pas morte d’un abus de champagne lors du mariage de ma couz…
Me revoilà, fraîche et dispose, les idées un peu plus claires et un peu moins noires après ces petites vacances au pays joyeux des gens heureux.
Ce séjour en France m’a fait du bien. Revoir Lyon et les personnes importantes que j’avais laissées derrière moi, voire négligées depuis mon installation ici, a été comme une bouffée d’oxygène.
Pourtant cette visite m’a laissé comme un goût amer…
J’ai eu de la peine pour la France.
C’est assez horrible à dire… d’autant que je suis un brin chauvine, mais c’est vrai.
J’ai vu des restos et des bars vides à Lyon par un joli vendredi soir du mois de mai parce que le 23 du mois les gens n’auraient plus assez d’argent pour sortir.
J’ai vu 100% des personnes avec qui j’ai parlé, catastrophées par l’action de notre Président.
Je n’ai vu que des personnes avec des problèmes de fric, voire de boulot.
J’ai vu une ambiance tristounette, ratatinée, un peu glaçante et ce malgré des températures plus que clémentes et un soleil bien présent.
Bref, si l’idée t’avait un jour traversé l’esprit de rejoindre la mère patrie (ce qui n’est pas mon cas), il est sûr que ce genre d’expérience te refroidit illico. Il semblerai que Nicolas S. n’est pas près, non plus, de faire revenir les expatriés en France. Score=0 - Try Again.
Ça m’a rappelé un copain (expatrié lui aussi depuis bien longtemps) qui m’avait dit il y quelques années : “Si tu as des rêves à réaliser, ce n’est pas en France que tu pourras le faire. Pars.”. Sur le moment j’avais trouvé ça hyper cynique et tout à fait exagéré. Maintenant je me dis qu’il avait peut-être raison.
Et j’ai de la peine pour la France.