Archive for the 'La vie à Trois' Category
Le mystère de l’homme et du lave-vaisselle
Comme vous le savez, j’ai la chance de vivre en collocation.
Et non pas avec un, mais avec deux hommes.
Bonheur incommensurable ou plaie hors du commun ? Va savoir…
La seule chose que je peux dire, c’est que c’est intéressant. D’un point de vue scientifique, tu apprends beaucoup sur le fonctionnement de cette espèce singulière dans son lieu de vie, sa maison, sa caverne à lui.
La première chose que j’ai appris fût : concernant la gestion quotidienne de sa caverne, l’homme ne fait jamais ce qu’il a dit qu’il allait faire…
Ou en tout cas, pas tout de suite.
Deux mois après, tu attends toujours les vis pour installer le nouveau meuble dans salle de bain (Si tu veux, je vais les acheter, dis moi juste quel modèle je dois prendre… Non, non, j’y vais demain, cette fois, c’est sûr !). Après trois jours sans câble, il n’a toujours pas appelé l’opérateur pour savoir d’où venait le problème, alors qu’il a insisté pour s’occuper personnellement de cette mission, on se demande bien pourquoi (Euuh, il y a Grey’s Anatomy demain, et c’est sur une chaîne cablée, on fait comment ???). Et c’est sans parler du fameux resto qu’il doit te faire découvrir lundi prochain depuis 34 semaines (t’as compté, t’as de la mémoire, toi…).
Bref, c’est assez chiant. Mais une fois que tu le sais, c’est plus simple à gérer (Non, non ! C’est bon, je m’occupe d’acheter le papier toilette !).
Mais en fait, il y a un truc beaucoup plus chiant…
Un truc totalement insupportable qui révèle toutes tes pulsions meurtrières : sa manière de remplir le lave-vaisselle.
Alors ça… ça tient du mystère le plus intégral.
Parce que quand même, il n’est pas complètement con, “self-made man” chef d’entreprise ou auditeur interne bardé de diplômes… On pourrait croire que remplir un lave-vaisselle de manière logique, intelligente et optimale pourrait être à sa portée, lui qui dirige 60 personnes ou qui audite les comptes de quelques unes des plus grandes entreprises du monde.
Et bien non !
Commencer par remplir le lave-vaisselle par le fond, mettre les verres à pieds dans l’emplacement prévu, les assiettes les une à la suite des autres, les bols en haut dans les petits crans, les casseroles intelligemment, etc… ça, il ne peut pas.
A chaque fois que tu ouvres ce putain de lave-vaisselle, tu as l’impression qu’il a été rempli par un enfant de 2 ans et demi, voire par un débile profond aveugle…
Donc, cette pauvre machine tourne fréquemment deux fois par jour à moitié vide mais sans aucun espace utilisable. Donc tu imagines bien la dépense d’énergie et d’eau inutile…
Et la Planète, elle meuuuuuuuurt !!!!!!!!!!!!!!
Mais comment un tel manque de sens pratique est-il humainement possible ?
Parce que nous les femmes, malgré ce soi-disant déficit dans notre représentation dans l’espace qui nous rendrait incapable de faire un créneau, on arrive à visualiser comment mettre une casserole au dessus d’une autre pour gagner de la place. Et comme je crois en l’égalité des sexes, je pense que le cerveau masculin est capable de la même prouesse (et nous de faire des créneaux, bien sûr).
Serait-ce alors un problème d’éducation ? Nos mères nous auraient-elles mieux appris, à nous qu’à nos frères, comment remplir un lave-vaisselle ?
Ou serait-ce juste qu’ils n’en ont profondément rien à foutre ?
Mais alors, comment leur faire comprendre que c’est important ?
Péter les plombs subitement ? Vider le lave-vaisselle en leur jetant tout son contenu à la gueule. Hurler comme une folle furieuse qu’on a jamais vu des gens aussi irresponsables et inadaptés à la vie en société. Et finir allongée sur le carrelage en sanglotant que Non, on ne veut pas que la planète elle meurt à cause de nous, que les africains ils meurent de soif avant de mourir du sida et que nos enfants soient tués par un tsunami à Palavas-les-Flots…
Tenter la méthode calme et rationnelle et essayer de les avoir sur leur terrain ? Organiser une présentation un soir, PowerPoint à l’appui avec des photos et des schémas détaillant étape par étape comment remplir correctement un lave-vaisselle. Aborder le manque de productivité et les pertes sèches engendrées par une telle organisation. Leur laisser un mémo auquel se référer un cas de doute, transformer ton numéro de portable en Help Line pour les urgences et organiser des séances de training intensif.
Je crains malheureusement que la première méthode soit la plus efficace… S’il ne me font pas interner juste après, ça devrait suffisamment les traumatiser pour qu’ils intériorisent bien le concept…
La vie à trois… again.
Dans la catégorie “nouvelles palpitantes qui passionnent le lecteur“ : j’ai un nouveau colocataire.
La vie à trois reprend donc son cours dans notre petite maison du bonheur, après presque deux mois de salle-de-bain pour moi toute seule.
Ça a été plutôt rapide. Soudainement Justin a voulu trouver quelqu’un en une soirée. Ce fut chose faite et notre nouvel ami a débarqué hier soir. Il a l’air bien sympa donc c’est cool.
Une nouvelle aventure commence.
Et ce n’est pas sans certaines angoisses, soyons honnête…
Quelques questions me viennent à l’esprit :
- Notre consommation d’alcool peut-elle encore augmenter à la maison ?
- Quels produits sacrifier pour libérer 30 cm2 d’étagère dans la salle de bain ? Mon gommage pour le corps au sel des mers du sud, mon huile massage/hydratation du corps/pointes sèches à la coco acheté sur une plage indonésienne ou ma collection, quasi intacte il est vrai, de produits solaires ?
- Combien de temps va-t-il mettre à découvrir qu’il m’arrive de ronfler légèrement quand je me couche avec 3 grammes d’alcool dans le sang et un paquet de clopes dans les poumons (ce qui a tendance à arriver de temps en temps quand tu vis dans la capitale européenne des alcooliques) ?
- Ses allures de jeune type dégingandé cool et sympa cachent-elles un dangereux psychopathe maniaco-dépressif, schizophrène, bipolaire, anorexique, paranoïaque, hystérique et plein de troubles obsessionnels compulsifs ?
- Le fait qu’il soit français est-il un handicap lourd (What did you say ? Aaaahhhh ! It’s not the death of the little horse ! Ah yes ok, I understand ! Yes, you’re right, it’s not a big deal !!) ou un don du ciel (Tiens si tu vas à Paris ce week-end, tu peux me ramener la dernière crème régénérante matité anti-âge de Lierac) ?
- En musique, est-il plutôt Bob Marley, Ben Harper, Fat Boy Slim ou … Bénébar ? Et en film, plutôt U-571 ou Musics & Lyrics ? Et est ce qu’il aime Greys Anatomy ???
- Souffre-t-il lui aussi, comme mon autre colocataire, d’une incapacité chronique à fermer les portes des placards qu’il ouvre et à remettre la bouteille de lait au frais ?
- En tant que spécialiste en audit financier et controlling, la gestion commune du stock de papier toilette va-t-elle poser un problème grave ?
- Comment lui faire comprendre qu’il peut utiliser sans problème mon huile d’olive crétois, mon vinaigre balsamique, mon café à 5,78€ le paquet et même mon Ricard mais PAS mon gel douche à la figue d’Anatolie que j’ai ramené spécialement de France cet été ?
- Va-t-il rapidement se faire des potes sexy et … sexy qu’il va pouvoir me présenter ?
La quiche loraine, son cœur brisé et le début d’une quête
Deux drames ont secoués notre petite maison hier.
Deux drames malheureusement prévisibles.
Deux drames d’une gravité qu’on pourrait considérer équivalente, selon le point de vue qu’on décide d’adopter.
Un drame culinaire
Ce qui devait arriver, arriva.
Je me suis lancée hier soir dans la confection d’une quiche loraine (conformément à la tradition du lundi dans ma maison, c’était à moi de cuisiner). Une quiche loraine ! Quelle extravagance, me direz-vous ? Oui et c’est surtout qu’après mon plat chinois complètement foiré d’il y a deux semaines, j’avais décidé, pleine d’humilité, de revenir aux basiques. Et autant on peut facilement se trouver des excuses à rater un plat chinois, autant planter une quiche loraine, ça fait mal.
Et je l’ai fait : erreur fatale dans le choix de la pate, quiche toute noire-carbonisée dessus et toute molle-pas cuite à l’intérieur… L’HOR-REUR. J’ai donc sincérement faillit pleurer en voyant le résultat et en repensant à toutes mes copines me disant “Trop cool la quiche loraine, totalement inratable et toujours assez impressionnant”. Et pour être impressionné, mon coloc a été relativement impressionné. Je crois que j’ai même été percée à jour : il a découvert que je n’étais pas du tout un cordon bleu…
Donc, quand il s’est poliment écrié que c’était “bon” et, au moins, vachement “healthy”, je n’ai pas osé l’achever en lui revelant la teneur des quatres ingrédients principaux. Evidemment que la crème, l’emmental, les oeufs et les lardons c’est vachement “healthy” !!!
Un drame amoureux
Ce qui devait arriver, arriva.
L’ex-copine de mon colocataire Robin l’a appelé dimanche soir pour lui dire qu’elle avait rencontré un autre mec et qu’elle ne voulais plus jamais le voir. Résultat : la dépression rampante dont il souffrait depuis des mois a pris un tournant radical. Il a donc tout planté hier, boulot et maison, et est rentré chez ses parents dans un état, à mon avis, proche de l’hospitalisation d’urgence. Assez glauque à vivre en direct.
Presque pire que la quiche loraine, je vous l’accorde.
Enfin ça dépend…
Ça dépend du point de vue qu’on décide d’adopter.
Donc voila, on cherche un nouveau coloc maintenant…
That’s my men’s world
Ma vie devient de moins en moins girlie.
Ça a commencé ce week-end, quand, plus ou moins pour faire chier son ex-femme (une sombre histoire), mon colocataire a décidé d’investir dans un écran plat absolument géant et un sound system dernier cri à te faire dresser les cheveux sur la tête à chaque fois qu’une porte claque dans un film. Bin oui, tu comprends, il regarde jamais la télé mais il aime bien avoir de la qua-li-té. Et puis ça va être carrément génial, on va pouvoir revoir Full Metal Jacket, Starship Troopers, Apocalypse Now, Blade, Platoon, Band of Brothers, Commando, Terminator, Predator et Resident Evil avec un son et une image décente.
Super… Moi, j’avais justement envie de voir “Music and Lyrics” avec Hugh Grant et Drew Barrymore !
Et la cerise sur le gateau est arrivée hier soir, dans sa petite boîte, avec son air inoffensive et son allure presque fragile : la PS3, c’est à dire la dernière console de jeux de Sony (oui, je precise, au cas où il ait des gens pires que moi en console).
Et c’est soit-disant pour s’en servir de lecteur DVD qu’il l’a achetée, oui parce tu comprends, elle peut lire des Blu-Ray Disc… Un truc 100 fois mieux que les DVDs !
Bon, il y a d’abord eu un grand moment pour installer et mettre en route la bête. Ah, ah, ah ! L’homme qui craque au bout de 5 secondes parce que ça ne marche pas, et qui au lieu de lire le manuel d’instructions, tente la technique de l’intimidation et se lance dans une explication virile avec la console “Aller, mec ! Vas-y !!! Démarre mec !!! Fais pas chier, hein !!!!!!!!!”.
Ensuite j’ai dû m’extasier devant un écran noir avec un logo Sony et confirmer Oh combien l’image était effectivement meilleure (Euuuuh oui, ça a l’air vachement mieux. Mais bon, je vais peut-être attendre de voir une vraie image pour être sure…).
Puis, la fonction “Jeux” s’est subitement enclenchée. Ben oui, on regardera Full Metal Jacket un autre jour… J’ai quand même pris des jeux, hein, c’était juste 30€ de plus. Nous voila donc les heureux propriétaires d’un jeu de guerre et d’un jeu de courses de voitures. Super, exactement tout ce que j’aime !
Evidemment j’ai dû me mettre à jouer illico presto. Bon, le jeu de guerre, j’ai carrément renoncé. Après m’être fait trucider 5 fois en trente secondes et avoir tué deux de mes hommes la première fois que j’ai compris comment on tirait, j’ai décidé que ce ne serait pas pour moi…
Par contre, les courses de voitures, c’est pas trop mal…
Et c’est vrai que la qualité d’image est assez époustouflante…
Oulala, après la bière, le rugby et les Soprano à la télé, voila que je vais me mettre à jouer à la console…
Putain ! Je me transforme en homme !!!
Si un jour, je vous dis que je me laisse pousser les poils des jambes, faites quelque chose !
La vie à trois
La vie en colocation, c’est plutôt bien.
Plus facile que je ne le pensais, en tout cas pour l’instant.
Il faut dire que j’ai plutôt de la chance avec mes colocs…
Et puis vivre avec deux mecs qui ne sont pas le tien, c’est assez facile, pour peu que :
- Tu ne te préoccupes pas trop de la survie du lave-vaisselle… Parce que la pauvre machine galère un peu à laver des assiettes, des couverts et des plats encore tout collés de nourriture.
- Ta sensibilité anti-bactérienne ne soit pas trop heurtée par la vision d’une bouteille de lait ouverte qui traîne pendant deux jours hors du réfrigérateur (avant de finalement réintégrer la place qui aurait toujours dû être la sienne) ou par des bottes de chantier trempant dans levier qui viennent de subir un grand lavage avec tu-ne-préfères-pas-savoir quelle éponge.
- Tu apprécies de regarder chaque événement sportif diffusé par la télé irlandaise (et c’est énorme) : foot, rugby, football gaélique, hurling, championnat de billard, formule 1, etc. Voire même quelques soaps anglais qui font passer « Sous le soleil » pour une œuvre majeure de la télévision moderne.
- Tu aimes répondre à des questions fondamentales du genre « Quand une fille couche plus d’une fois avec un mec, est-ce que ça peut ne vouloir rien dire pour elle ? », « Quand elle dit qu’elle ne sais pas si elle m’aime encore, est-ce que c’est vraiment possible ? », « Tu crois que le tour en hélicoptère au dessus de Barcelone ça va l’impressionner ou la faire flipper ? ».
- Tu ne crains pas de sombrer dans l’alcoolisme. Tiens j’ai ramené une bouteille d’un super petit vin espagnol/italien/chilien/australien/sud africain/américain ! Ah cool, et moi j’ai ramené une bouteille de Bordeaux/Beaujolais/Bourgogne/Côte du Rhône ! Et il y a aussi le régulier : Oh, et si on allait au pub boire quelques pints ? Très dangereux, lui. Parce qu’apparemment, en France, on n’a pas vraiment la même notion du « quelques » que les Irlandais.
- Tu puisses résister à l’odeur quotidienne du bacon grillé sur un lit de chedar à 18h30 quand tu rentres du boulot ou à 23h30 quand tu vas te coucher, sans te jeter immédiatement sur le premier truc mangeable qui te passe sous la main.
- Ça ne te dérange pas de vivre provisoirement avec un chien parce que la maison de l’ex-femme de ton coloc vient de cramer et que, pour l’instant, elle préfère que ce soit lui qui s’occupe de leur progéniture canine.
- Tu décides de prendre intégralement en charge le ménage de la salle de bain.
Bein oui parce que justement, comme aucun d’eux n’est ton mec, tu ne peux jamais piquer une crise d’hystérie et leur balancer la bouteille de lait, l’assiette dégueulasse et les bottes de chantier à la gueule, leur dire que franchement le hurling, tu préfères encore mourir écartelée sur une place publique que de regarder ça plus de 3 minutes ou te mettre à hurler que son ex-femme tu t’en tapes profondément et que c’est le chien ou toi.
Non, tu ne peux pas.
Donc tu apprends. Tu apprends à accepter l’autre et sa vie, voire sa manière de vivre. Tu apprends à devenir un peu plus cool, un peu plus tolérante.
Bon et puis j’avoue que c’est pas franchement difficile en fait…
Et bien sûr, je n’ai pas parlé de toutes les bonnes choses : les oranges qu’on me presse le matin pour mon petits dej’, les soirées Lost tous ensemble, les barbecues, les feux dans la cheminée, les take-away chinois qu’on me ramène, les fous rires à cause du tour en hélicoptères, les conseils pour le boulot, les pints offertes, les « si tu veux je te dépose en voiture », les imprévus, etc.
Je n’ai pas non plus parlé du fait que j’ai annexé la salle de bain d’une manière prodigieuse, que je fais brûler allègrement ma bougie parfumée dans le salon (la même que ma couz-ex-coloc m’avait demandé de dégager immédiatement de ma chambre pour cause d’odeur canelle-orange pas supportable), que de temps à autre je branche mon iPod à fond sur la chaîne, que je fais fuir tout le monde du salon le mardi soir quand je regarde la redif de Grey’s Anatomy, qu’à priori ils vont bientôt se prendre un Bouddha, voire un Ganesh, voire les deux en plein milieu du salon et que je commence à bien l’aimer, finalement, ce putain de chien.
Presque parfait
Bon, comme vous pouvez vous en douter, le wifi fonctionne toujours aussi mal à la maison. J’ai donc un peu de mal à actualiser mon blog (et à mettre de la musique, soit dit en passant). En plus, au boulot, je n’ai pas vraiment le temps d’utiliser Internet à des fins exclusivement personnelles. Et j’emploie quand même une partie non négligeable de mon temps libre à socialiser avec mes colocs afin de faire connaissance… J’essaye évidemment de me montrer sous mon meilleur jour (donc j’évite de rester enfermer des heures dans ma chambre avec mon ordi), toujours souriante, rigolote et agréable… Ça m’épuise complètement d’ailleurs, j’en peux plus… J’y passe une énergie phénoménale. Et le fait que je ne communique quasiment plus qu’en anglais n’arrange rien… Je commence à perdre en fraîcheur… Et le mot est faible, pour être tout à fait honnête, je devrais plutôt dire que maintenant, j’ai une tête de morte-vivante…
Enfin bref, on s’en fout… En fait, je voulais juste dire que malgré mes petits problèmes de connections Internet, je tenais à vous donner des nouvelles de mes expériences culinaires.
Bein oui parce que mine de rien, vous avez été nombreux, encore une fois, à me soutenir dans ce petit challenge… Et comme ce n’est pas fini (parce que, je vous le répète, cette petite plaisanterie va se répéter toutes les 3 semaines), n’hésitez pas à m’envoyer vos recettes, mais complètes si possible (le « Tu devrais faire un boeuf aux carottes !» ne m’est malheureusement pas d’une grande utilité, j’ai besoin de plus de détails…).
Donc après plusieurs jours de prise de tête, de réception d’idées recette sans recette ou de recette « super facile » pas du tout « super facile », j’ai craqué et investit 6€ dans un café Internet pour fureter dans la rubrique « Débutants » de marmiton.org.
Et ça n’a pas été facile de trouver quelque chose.
Et si ça n’a pas été facile, c’est parce que j’élimine directement toute les recettes qui :
- Nécessite des ustensiles ou du matériel trop élaboré (batteur à œufs, râpe à fromage, rouleau à pâtisserie, passoire à maille métallique garnie d’un linge humide, etc.). Je n’ai pas, je ne sais pas utiliser ou ça m’ennuie d’avance.
- Contiennent des ingrédients tout bizarres, comme : noix de veau, anses de porc, choux des Carpates, terikassimi, maïzena, piment d’Espelette, fève en cosse… Maisqu’estcequec’est ???!!? Je n’en ai pas la moindre idée. Et alors essayer de trouver ça ici et d’expliquer à je ne sais qui, ce que je cherche, ça non. Pas la force…
- Contiennent des mots barbares et incompréhensibles du genre, faire blanchir les oignons (Hein ??? Mais ils sont déjà blanc mes oignons !), chemisez le moule (mais oui bien sûr, et quoi d’autre ?), étancher les cacahuète (é-tan-cher-les-ca-ca-huè-tes ???), leur faire jeter le jus -aux calamars- (Mais qu’est ce qu’elle dit, elle ??!!!), etc..
Mais j’ai finalement trouvé la recette parfaite : poulet à la moutarde, à l’estragon et aux champignons. Classée dans le top 10 des recettes « Très facile », quasiment inratable (même moi, je maîtrise la cuisson des blancs de poulet), peu calorique et un peu sophistiqué, grâce à l’estragon…
Bon, la recette « Très facile » m’a quand même demandé 1h30 d’efforts intenses, une concentration extrême, sans un instant de répit et à 100% des mes capacités intellectuelles… Mais j’y suis arrivée et non sans un certain brio.
Je n’ai même pas eu besoin de feindre la satisfaction totale au moment de servir mon plat… J’étais réellement extasiée par le résultat. Et c’était vraiment très très bon. Mon coloc a adoré, je crois que je l’ai assez épaté, en tout cas j’ai fait honneur à ma réputation de française. Et le comble du comble : il m’a même dit que ça ce voyait que j’aimais cuisiner. Ah, ah, ah. Trop fort.
Mais c’est vrai que j’y ai pris un certain plaisir… Il faut peut être juste que j’apprenne à me décontracter quand je cuisine, c’est pas le concours de la magistrature que je passe…
Donc voilà, avec une petite salade tomate-mozarella en entrée et une tarte à la rhubarbe (achetée, il est vrai, mais je ne pouvais pas tout faire d’un coup), un petit vin blanc et une grosse fierté pour moi, c’était une super repas et une super soirée.
Tout était parfait.
Enfin presque.
Mon autre coloc avait jeté l’éponge et il était en train de dîner à 18h30 quand je suis rentrée, toute guillerette, pour me mettre aux fourneaux.
Le lâche !!!
Bon apparemment, ce n’est pas vraiment de ma faute. Il se nourrit exclusivement de pommes de terre et de burgers (au moins on connaît le menu de la semaine prochaine). Et quand j’ai essayé de lui dire que poulet-riz, c’était pas si différent, il n’a rien voulu entendre et d’abord, il aime pas le riz.
Bon… Oui, il est un peu immature comme dit Justin.
Donc, je n’ai pas insisté, je ne me suis pas laissé abattre… Et puis, finalement, j’ai réussi à l’avoir avec ma tarte à la rhubarbe. Ah, Ah !
Ah oui, et si vous voulez la recette (une valeur sure), c’est là.
Le lundi, c’est ravioli ?
J’ai un nouveau défi à relever et ce n’est pas gagné d’avance…
Justin, mon coloc, a décidé de réactiver “la tradition du lundi” depuis mon arrivée, à savoir : le lundi (parce que sinon, le lundi, c’est pourri), on dîne tous ensemble, et chaque semaine, à tour de rôle, c’est l’un d’entre nous qui est responsable du repas.
Evidemment, quand je suis rentrée, lundi, et que je l’ai découvert aux fourneaux, une jolie table dressée et une bonne odeur fleurant dans toute la maison, j’ai trouvé ça génial.
Mais maintenant que c’est mon tour lundi prochain, c’est légèrement l’angoisse.
Et j’ai carrément la pression.
D’abord parce que Justin, en fin cuisinier, a mis la barre relativement haute, avec un repas complet (entendez donc, entrée + plat + dessert), raffiné et sain.
Ensuite parce que ma nationalité fait obligatoirement de moi, dans l’esprit des Irlandais, un fin cordon bleu, qui a appris à cuisiner dès son plus jeune âge, à la maison et à l’école (oui, ils sont persuadés qu’on a des cours de cuisines, va savoir d’où peut bien leur venir cette idée saugrenue).
Et enfin, j’avoue, parce que j’ai un peu menti lors de ma première visite à la maison… J’ai pensé que ça m’aiderai à passer pour la colocataire idéale et j’ai donc dis que je cuisinais plutôt bien (avec un petit air modeste) et que j’adorais ça…
Oui, je sais, c’est mal de mentir, mais j’ai remarqué que parfois, jouer sur les stéréotypes, ça aidait vachement (Mais bien sûr, mon fabuleux accent français va nous faire tomber les clients comme s’il en pleuvait !).
Mais la réalité est bien triste.
Je joue dans la catégorie “Piètre Cuisinière”. En fait, j’ai à peu près deux spécialités. Une espèce de salade de pommes de terre aux œufs, avec une sauce de ma création, dont je ne suis pas sûre qu’elle puisse être appréciée par d’autres que moi, surtout par des Irlandais, vu la quantité de moutarde (française) qu’elle contient. Et mon riz-poulet-crème cuit au wok, une valeur sûre, certes, au niveau des ingrédients, mais pas très raffiné, que j’évite donc de faire quand je suis plus que toute seule.
De plus, je souffre d’un handicap certain : je suis totalement dépourvue de créativité culinaire.
En gros, quand j’ai créé ma salade de pomme de terre et sa sauce légendaire, j’en ai mangé tous les deux jours pendant trois mois après. Même chose quand j’ai eu mon wok et que m’est venu l’idée folle d’y faire revenir du riz avec des morceaux de poulet et de la crème. Oui, c’est comme si mon cerveau bloquait dès qu’il s’agit de cuisiner.
C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je hais profondément les supermarchés : je me retrouve toujours à errer comme une âme en peine au milieu des rayons sans jamais savoir quoi acheter… Et je finis toujours avec des trucs complètement dépareillés qui permettent rarement de faire un vrai repas. Donc avec de la tapenade, du brie, de la sauce soja, du sucre roux, du Bourgogne blanc aligoté, des cookies triple chocolat, de la mayonnaise, du gingembre confit et de la purée de marrons, tu fais… euh… Rien.
Et donc, pour lundi soir, les seules idées qui me sont venues pour l’instant sont : salade tomates-mozarella et quiche lorraine… WAOU !! Trop forte la fille !
Oui.
C’est la cata.
Je voulais aller vadrouiller sur marmiton.org pour trouver l’inspiration, mais vu l’état de la connexion internet, ça va pas être possible.
Il me reste aussi la bonne vieille solution d’appeler ma mère à la rescousse, pour une petite recette facile-et-qui-en-jette, et ça risque bien de se terminer comme ça…
A moins que je tente la technique du “noyage de poisson” en lançant une sorte de repas à thème du genre : “Le goût des chips, ou trente façons d’assaisonner une pomme de terre séchée“, “Mixe-moi, I’m famous ou Soup-party à la découverte de mélanges inédits de légumes moulinés“, “Sushis versus Nems versus Samousas, ou le choc des civilisations” ou enfin le sublime “Diet is for Tomorrow“, uniquement à base de mini sandwichs à tout, cacahuètes, noix diverses et fruits secs. Le repas à thème ayant l’avantage certain de n’être constitué que de choses que tu peux acheter déjà toutes faites…
Oui, oui, j’hésite, j’hésite. Et plus j’y pense moins j’ai d’idées.
Ah lala ! Ça sent les spaghettis carbonara à plein nez tout ça… Le tout étant peut-être juste que j’utilise la méthode de ma grand-mère : servir le truc le plus banal du monde en prenant un air extasiée et hyper satisfaite de moi-même. L’essentiel n’étant toujours t-il pas dans la manière de présenter les choses ?
Non ?!!
Bon alors, peut-être que mon autre grand-mère (celle dont apparemment je n’ai pas choppé le gène du génie culinaire) pourrait m’envoyer une petite recette (Mamie, si tu lis, aide-moi !!!!!!!!!).
Et si l’un d’entre vous à une idée, je prends !
Home, sweet home
Vous ne pouvez pas savoir comme je me sens bien dans ma nouvelle maison et dans mon nouveau quartier. J’ai vraiment eu une chance incroyable. C’est dingue. Comme quoi, la vie vous rend toujours, à un moment donné, ce qu’elle vous a pris à un autre.
J’adore la maison, elle est absolument agréable à vivre, idéalement située et mes colocs… assez géniaux. La vie avec eux est facile, sans prise de tête et je me suis immédiatement sentie à l’aise, adoptée.
Les présentations s’imposent.
La maison (je voulais attendre le soleil pour prendre des photos, mais je n’ai pas pu… J’étais trop impatiente de vous la montrer) :






Mes colocs :
Justin, le propriétaire de la maison. La quarantaine. Chef d’une entreprise de rénovation. Il fait pas mal de business dans l’immobilier, achète, retape et revend des maisons à Dublin. Divorcé. Deux fils. Un mec adorable, une espèce de loup solitaire, impressionnant et doux à la fois… un peu nounours en somme, quoique je ne me risquerais pas à le faire sortir de ses gonds. Bon vivant. Travailleur acharné. Ce qui, en plus de son mariage, lui a coûté quelques sérieux ennuis cardiaques. Donc maintenant, plus de cigarettes, poisson et legumes à chaque repas (enfin presque), jogging trois fois par semaine (à 23h00, parce que par contre, il n’a pas l’air de travailler moins) et un peu moins de vins…
Signe particulier : N’est pas gay contrairement à ce que j’avais pensé au début.
Robin. La trentaine approchant (mais un peu moins vite que moi). Originaire du Kerry (sud ouest de l’Irlande) donc un débit et un accent… intéressant. Spécialiste du développement des entreprises Internet qui vendent du voyage, donc peut voyager dans le monde entier sans jamais payer l’hôtel, même au fin fond du Brésil. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait l’année dernière pendant 6 mois (les jeunes Irlandais le font tous). Un grand type dégingandé, pas super beau et hyper sensible. Il vient de traverser une grosse crise depuis qu’il s’est fait larguer comme une chaussette à Noël dernier par le premier grand amour de sa vie. Une Espagnole que depuis il appelle tous les jours sans exception et qui ne lui a jamais répondu sauf mercredi dernier, “le plus beau jour de sa vie”. Depuis c’est le bonheur et il part bientôt à Madrid pour la voir, comme il ne paye pas le très bel hôtel qu’il s’est trouvé là bas, c’est pratique tu comprends.
Signe particulier : Est bourré au bout de deux pints. Le premier Irlandais que je rencontre qui ne tient pas l’alcool.
Voilà…
Le petit “plus” de la maison : on peut fumer à l’intérieur (mais bon, j’essaye de ne pas trop en abuser pour ne pas perdre les bonnes habitudes).
Le petit “moins” : un wifi qui fonctionne super mal (d’ou mon silence des derniers jours) et qui va demander une nouvelle organisation. Oui… j’attends un peu avant de me lancer dans une révolution de l’Internet à la maison… Je ne voudrais pas passer pour une chiante.
Clifton Mews
S’il y a bien une chose dont je ne manque pas ici, ce sont les émotions fortes.
Comme si depuis quelques mois, tout était décuplé, et notamment les moments de joie intense (le reste n’étant pas au programme ce soir).
Bon, tout ça pour dire que je viens encore de me prendre un énorme shoot d’adrénaline. Et oui, ça y est, j’ai trouvé une maison !!!
Et ça me rend complètement heureuse…
Parce qu’en plus, c’est une très jolie maison, décorée exactement comme j’aime, avec… cerise sur le gâteau, un jardin relativement immense pour le centre de Dublin.
Elle est située exactement là où je voulais, dans le très joli et très animé quartier de Ranelagh, à 10 minute du cœur de la ville, tout près du canal et à cinq minutes du tramway que je prends tous les matins pour aller au boulot.
Et je vais la partager avec deux irlandais qui ont l’air vraiment supers dont Justin, qui possède la maison… Le courant est tout de suite passé.
Oui, je crois que j’ai vécu un de ces instants quasi magiques où tu sais tout de suite, au fond de toi, que c’est bon, que ça va le faire, que quelque chose commence…
J’emménage mardi prochain.
Ah, ah, le seul problème des shoots d’adrénaline le soir, c’est que tu peux plus dormir après (et moi, je bosse demain)… Mais bon, on ne peut pas tout avoir, c’est bien connu.