Archive for the 'Me & MySelf' Category
Plein de questions, pas de réponses
Waou. Dans une semaine très exactement c’est mon anniversaire et j’aurais 30 ans.
A chaque fois que j’y pense, j’ai une espèce de vertige, une crise de panique. Comme quand tu découvres que t’es à découvert de 827€ depuis 5 jours ou quand tu t’aperçois que t’as signé un Bon à Tirer pour 10 000 affiches avec une énorme erreur dans la date. Le grand plongeon… L’impression d’étouffer… Le corps qui ne répond plus… La sensation horrible de perdre pied.
Et ça m’énerve prodigieusement de réagir comme ça.
C’est pas comme si c’était une surprise. Ça fait quand même un certain temps que je sais que je vais avoir 30 ans un jour et ça fait quasiment un an que je me prépare psychologiquement. Je pensais que j’étais prête. Je voulais passer ce cap dans la sérénité, éviter d’être une caricature de trentenaire fébrile, Bridget Jones de bas étages, qui se tape une crise d’angoisse… Mais cette crise serait-elle une fatalité, un passage obligé ? Personne ne pourrait-il y échapper ? Et pourquoi ? Qu’est ce qu’il y a de si terrible dans le fait d’avoir 30 ans ? Qu’est ce qui nous fait flipper à ce point ?
Parce que si on y réfléchit objectivement, 30 ans, ce n’est pas vieux.
Et je ne me sens pas vieille. Et je n’ai pas l’air vieille. Je suis plutôt bien conservée. On me demande même encore ma carte d’identité parfois, pour acheter de l’alcool ou pour entrer dans certaines boîtes. Et ce n’est pas seulement parce que je vais faire mes courses en Sweet Roxy ou que je me perche rarement sur 15cm de stilletos pour sortir (non, non !).
Avoir 30 ans serait-il une sorte d’étape psychologique ? Le temps d’un bilan ? Un moment où, événement oblige, chiffre rond, décennie, tu t’arrêtes et tu regardes derrière, puis devant ? Qu’est ce que j’ai fais ? Qu’est ce que je n’ai pas fait ? Qu’est ce que j’ai ? Qu’est ce que je vais faire ? Qu’est ce que je veux faire ? Et comment y arriver dans le temps qui m’est imparti ?
Et le fait se poser ce genre de questions, plus ou moins salutaires, plus ou moins nocives, ne t’amène-t-il pas immanquablement à faire des comparaisons ? A comparer ton petit bilan personnel à une sorte de norme établie ?
Et soudain tu découvres que tu n’es pas dans les clous, pas dans les bonnes cases, plus dans les statistiques ? Pas le bon boulot, pas le bon salaire, pas le bon mec, pas le bon nombre d’enfants, pas le bon Plan Epargne Logement, pas le bon Plan Retraite, pas le bon mode de vie, pas le bon régime alimentaire, pas le bon téléphone portable, pas le bon gommage-exfoliant pour le corps ? N’y a-t-il pas toujours un truc qui merde et qui te fait flipper voire même culpabiliser ? T’as pas tout bon et même si ce que t’as, c’est pas mal, ce ne serait pas suffisant ? Tu serais quand même obligé de flipper ? Ou alors de développer une force mentale hors du commun, une confiance à toute épreuve, une philosophie de la vie inébranlable ? Faire taire les doutes, exorciser les démons, génocider la peur ? Assumer tout, toujours, sans états d’âme ? Ou juste se bourrer la gueule pour arrêter de penser à toutes ces conneries ? Ou juste essayer d’être toi-même, de suivre ton cœur et continuer à chanter ?
Ouais, je sais pas…
Je m’égare un peu…
Je cois que le mieux pour ma santé mentale, c’est que ce putain de 8 octobre arrive rapidement et qu’on oublie tout ça…
Acrylic is good for you !
Tiens ! Et si je parlais un peu de mon boulot !
En plus, comme il occupe beaucoup de mon temps et de mes pensées, j’ai du mal à me concentrer sur autre chose en ce moment… Je sais, c’est mal. Il faudrait plutôt que je pense à faire évoluer ma vie sentimentale ou au moins ma vie sexuelle… J’ai prévu de m’y mettre demain.
Mais revenons à mon boulot…
Donc en fait, ça fait 6 mois maintenant que je bosse dans ma petite entreprise qui crée et fabrique (ouais ça sonne mal comme ça, je le dis mieux en Anglais) du matériel de Promotion sur le Lieu de Vente, c’est-à-dire, pour faire simple, des présentoirs (les trucs qu’il y a dans les supermarchés ou les magasins, sur les comptoirs ou au bout des rayons, où on trouve des barres chocolatés, des boissons gazeuses, des chewing-gum, du maquillage, etc.). Tout ça en acrylique (tendance Beau), en bois (tendance Bio, Nature et Découverte) ou métal (tendance Station Service), voire les trois mélangés parfois (tendance Too Much).
Passionnant me direz-vous !
Oui, un peu.
Surtout que j’ai encore fait fort dans le genre “boulot multi-fonction“. En effet, je cumule les titres de Marketing Manager et Production Manager. Oui, c’est possible… Ils sont un peu tarés dans ma boîte… Mais j’aime bien être Uber-titrée. Et puis quand on me demande, je n’en donne qu’un des deux (au choix selon mon interlocuteur). Parce que c’est vrai que c’est limite crédible… Déjà que je suis blonde…
Mais concrètement, qu’est ce que ça veut dire ?
Bon bein le côté Marketing Manager, c’est relativement clair… Bien que le titre soit pour l’instant un peu usurpé, étant donné que je viens juste de m’y mettre. Mon niveau d’anglais, ma connaissance du marché et du secteur étant jusque là un peu limités pour me permettre de faire de grandes choses… Mais ça vient doucement et comme il y a tout à faire, j’ai commencé par le facile : créer une nouvelle identité visuelle (changer le logo, pour faire simple) histoire de rajeunir un peu l’image de la boîte et préparer le terrain pour ma stratégie dévastatrice ! Oui, comme toujours, j’ai des milliers d’idées, plus ou moins mégalomaniaques. Combien se réaliseront, là est la question…
Et quand je décroche de mon cocotier et que je reviens sur terre, il me reste à tenter d’être une bonne Production Manager. Et ça… ça n’a l’air de rien, mais ce n’est pas vraiment facile, en fait…
Ça consiste en gros, une fois que le client a passé sa commande, à s’assurer que tout soit fait pour que son parfait petit présentoir conçu spécialement pour lui, soit livré en temps et en heure.
Il faut donc :
- trouver et commander tout le matériel nécessaire (et c’est un parfait cauchemar de dealer toute la journée avec des fournisseurs irlandais ou anglais qui te plantent plus que de raison, t’envoie une fois sur deux un truc différent de ce que tu as commandé ou essayent de t’arnaquer dès que possible),
- programmer la production à l’atelier (Oui, oui, on peut livrer Super Client dans une semaine Chef ! Mais ça veut dire que Petit Client/Mon client va devoir aller se faire foutre…),
- discuter des heures avec le chef d’atelier pour voir comment on va fabriquer un truc joli et fonctionnel à partir du dessin souvent minable et incompréhensible de mon chef,
- tenter d’optimiser les temps de fabrication (Tu peux peut-être faire le thermo-pliage avec la main droite, le collage avec la gauche et pendant ce temps là, sortir les sacs plastique pour l’emballage avec ta bouche, non ? Qu’est que t’en penses ?)
- contrôler la qualité de ce que ton équipe de production réalise parfois avec un sens du “travail bien fait” très personnel,
- répondre à des dizaines de questions dont tu ne comprends parfois même pas le sens (Euuuhhh… Oui, oui, t’as raison, on va utiliser de l’Acrylique noir 6mm, ce sera vachement mieux que du Foamex.),
- gérer tous les petits drames quotidiens (Comment ça, le client veut changer la couleur ? Mais on vient de recevoir 4000 pièces d’acrylique rose !!!!!!),
- mourir d’inquiétude quand ton client veut 1000 unités arpès-demain et que seulement 108 sont prêtes,
- organiser les livraisons (Oui donc demain je vous en livre 110 et les 890 autres arrivent bientôt. Ok ?),
- et assumer la catastrophe tchernobylienne si ton client rappelle deux jours plus tard pour dire qu’il y a un truc qui ne va pas (Quoi c’est pas bonne taille ? Comment ça, c’est pas la bonne taille ? Qu’est ce qu’il entend exactement par “c’est pas la bonne taille” ?).
Et qu’est ce que je fais quand je m’ennuie ?
Et bien accessoirement je réponds au téléphone, je fais des devis (ça j’adore, même si c’est plus compliqué que je ne pensais au départ), je m’occupe de la vente de nos gammes de “porte-brochures” (il doit y avoir un autre mot en français, mais là tout de suite, je ne le trouve pas), j’essaye de lire mes mails perso et je crée des choses magnifiques… Là, je réfléchit à un mobilier tout en acrylique fluo pour redécorer mon bureau, j’essaye de dessiner un porte-colliers que je ferai fabriquer en douce par mes mecs à l’atelier et je m’apprête à lancer la mode des sapins de Noël en Acrylic vert transparent…
Oui en fait c’est pour ça que j’adore mon boulot ! Je vais avoir le sapin le plus Trendy de toute la ville !!!
Anniversaire
Non, en ce 11 septembre, ce n’est pas l’anniversaire du jour où le monde a changé que j’ai envie de “célébrer”, mais plutôt celui de mon blog.
Et oui, ça fait exactement un an aujourd’hui que j’écris des choses futiles voire impudiques dans ces pages. L’événement valait bien d’être souligné.
Et cette aventure qui s’éternise est ma foi bien sympathique.
Ce blog, vous l’aurez remarqué, n’a rien d’intelligent, d’informatif ou d’artistique, c’est juste une sorte de journal plus ou moins intime, témoin de mes états d’âmes et des mes tentatives désespérées d’organiser ma vie, voire de lui donner un sens, parfois…
Ce blog, vous l’aurez également remarqué par le nombre édifiant de commentaires, est relativement confidentiel. Peu de lecteurs mais des lecteurs de qualité ! Oui je le sais, parce que j’en connais beaucoup ! Ah, ah ! Mais c’était le but. Il est référencé et linké à peu près nulle part… Loin de moi l’envie de promouvoir l’étalage souvent peu flatteur de ma vie et de mes envies. Je suis mégalo parfois, mais pas trop. Ce blog, il est pour les gens qui me connaissent et pour ceux que le hasard d’une recherche sur Google aura conduit à s’attarder un peu dans ces pages, hommes et femmes de goût ! (Pas trop mégalo mais un peu prétentieuse quand même).
Ce blog a un graphisme relativement statique. La photo du bouddha a du mal à se renouveler, malgré des tentatives régulières mais infructueuses. C’est mon coté mystique, à la limite du superstitieux… Et puis la petite histoire, c’est que quand j’ai ouvert ce blog, je revenais de 5 semaines en Thaïlande et Indonésie. Une sorte de voyage initiatique, à la recherche d’une certaine paix intérieure, d’un certain équilibre perdu et surtout de réponses à toutes ces questions et à toutes ces angoisses qui rendaient mon quotidien difficile depuis plusieurs mois. Et le fait est qu’après de longs moments dans des temples bouddhistes ou hindouistes, des heures passées à réfléchir dans des endroits chargés de magie et des kilomètres parcourus à travers des paysages extatiques, la paix est venue, des réponses aussi et j’ai décidé de changer ma vie. Donc voilà, j’y tiens à ce bouddha. C’est en quelque sorte le symbole d’une renaissance, d’un second souffle…
Ce blog, ça a été quelques moments difficiles : des envies d’écrire mais sans savoir quoi, l’incapacité parfois à exprimer correctement ce que je veux, beaucoup de billets commencés et jamais terminés, un brin d’autocensure pour ne vexer ou ne choquer personne, des insatisfactions immédiates et des hontes terribles en relisant les archives, de gros doutes (Mais à QUOI ça sert ce que je fais là et qui ça peut bien intéresser à part ma mère ???!!!), des problèmes techniques (Je te jure qu’il y a un bug avec les commentaires ! Personne n’en laisse, c’est pas normal, ça doit être bloqué ! J’en suis sûre !!!), des erreurs tragiques (comme d’avoir baptisé ma rubrique Prévention, “Safer Sex”, ce qui me vaut la visite d’un sacré nombre de gens qui tapent des trucs vraiment glauques dans Google), des rubriques un peu abandonnées malgré un certain succès (comme “Trucs de Filles”… mais ça va revenir, je promets !), etc.
Ce blog, ça a été évidemment beaucoup plus de joies que de peines, incomparablement : une bonne occupation dans les moments d’inactivité, une bonne thérapie dans les moments difficiles, un bon moyen de communiquer dans l’éloignement, quelques fiertés (comme mon billet sur le Papillomavirus qui a eu un grand succès et qui donc, je l’espère, aura pu être utile), de jolis compliments souvent, des éclats de rire parfois (oui, il m’arrive de rigoler toute seule quand j’écris des conneries étourdissantes), beaucoup de plaisir à écrire toujours.
Donc, je crois que je vais continuer encore un peu…
Ces tulipes, ses canaux, son café
Pendant toute cette année, je me suis demandée ce que j’allais faire pour fêter mes 30 ans.
Une belle maison. Du champagne. Mes proches venus des quatre coins de France et d’Europe. Tous enfin réunis pour une soirée mémorable.
L’idée était tentante.
Puis soudain, la perspective de voir tout le monde débarquer avec maris, femmes, copines, fiancés et enfants m’a semblé périlleuse. Un coup à te jeter dans la piscine ou à tenter de te suicider au Mojito si un grand sentiment de solitude venait à t’envahir soudainement.
Non là, juste maintenant, j’ai plutôt envie de passer un anniversaire à l’image de ma vie, sauvage et voluptueux (Ah ah ! Oui, là je déconne complet).
Donc : copine de la mort, billet d’avion, hôtel en plein centre, restos trop bons, art et culture, spécialités locales, argent excessivement dépensé, glandouillage et discutage, découverte des autochtones, soirées folles et alcool pour fêter tout ça.
Oui, avec Miss Marylou, née comme moi et jeune femme libre comme moi, on ira donc fêter nos trente ans à Amsterdam !!!
Et même qu’on s’en fout si c’est les gens de 18 ans qui vont passer leurs week-ends en Hollande ! On fait vachement jeune nous encore !
En vrac again
- Je viens de me prendre un billet d’avion pour faire un bref aller-retour à Lyon le week-end prochain, ce qui aura le quadruple avantage de me permettre : de voter, de voir quelques personnes, de régler certains détails administratifs et de récupérer quelques affaires en vue d’un déménagement imminent, du moins je l’espère.
- Effectivement, la recherche d’un logement en collocation occupe une grande partie de mon temps libre et de mon esprit. J’ai déjà largement abusé de l’hospitalité qu’on a eu l’immense bonté de m’offrir ici… Il faut donc que je laisse un peu de champ libre à mes hôtes dès que possible. Or ce n’est pas si facile de trouver, c’est même assez horrible, même quand on a revu ses critères à la baisse et son loyer maximum à la hausse… Dur, dur. Une nouvelle épreuve à surmonter, une nouvelle étape à franchir et comme d’hab’, la vie a décidé que j’allais en chier… Mais c’est pas grave, ça va finir par le faire, j’essaye juste de calmer mes nerfs et d’éviter de sombrer dans la déprime…
- Oui, il m’arrive en ce moment de me sentir un peu seule au monde. C’est bizarre parce que je suis rarement seule mais je me sens souvent seule. C’est peut-être l’effet “printemps”…
- Le printemps, parlons-en. Il semble s’être installé ici aussi, depuis un bon moment déjà d’ailleurs. Les Irlandais sont tous en petite tenue, ils vont à la plage et ils se baignent. Pour eux, s’est quasiment l’été… Sauf que moi, je n’ai à priori pas la même notion de l’été qu’eux et je n’arrive toujours pas à sortir sans une écharpe et deux vestes. J’ai toujours froid et c’est chiant. Quand je pense à toutes mes magnifiques fringues d’été que j’adore et que je ne vais certainement pas pouvoir mettre (ou très peu), ça me fout les boules. En tous cas, les Irlandais sont carrément impressionnants au niveau de leur résistance au froid. Je pense que le poil roux est thermolactyl, c’est la seule explication plausible…
- Je traverse toujours une petite crise de l’écriture dans ce blog, comme vous avez pu le constater. Certainement en rapport avec ce vague à l’âme qui a du mal à me quitter ainsi que mes petits problèmes de logements et la culpabilité du squatteur qui va avec. Mais bon, on va dire que ça ne va pas durer. On va tout faire pour…
Etat de Grâce
C’est un peu ce que j’ai vécu cette semaine au boulot. Un truc assez magnifique. La jouissance professionnelle. Le pied total.
Déjà parce que mon niveau d’anglais a fait un bon assez phénoménal et me permet désormais de me faire plaisir, vraiment plaisir.
En plus parce que je suis en train de tomber amoureuse de mon job. J’adore et je n’en reviens encore pas de la chance que j’ai eu… Comme quoi, ça aura pris du temps, mais j’ai décroché un truc plutôt idéal.
Ensuite parce qu’une grande histoire est en train de commencer entre Albert, mon chef, et moi. On s’entend super bien, on rigole vachement, on trip ensemble. Il faut dire que c’est un personnage vraiment attachant et relativement flamboyant.
Et surtout parce qu’on a vécu une semaine folle et magique en terme de business. Je n’avais jamais connu ça, n’ayant jamais bossé pour des entreprises qui génèrent de l’argent… Or c’est un truc vraiment jouissif. Remporter un budget, signer un gros contrat, compter les zéros que ça va rapporter…C’est trop bon, ce plaisir, cette excitation et cette fierté que tu ressens… Kiffant.
En plus j’ai fait un petit coup de maître cette semaine, du coup ma côte est au maximum, je suis devenue « leur petit trésor » et Albert a même décrété que je lui portais bonheur et que j’attirais les commandes… Ah, ah, ah ! Evidemment, c’est un peu exagéré mais bon, je ne le contredis surtout pas et je profite à fond, espérant que ça continue comme ça.
Ah, ça fait du bien… Y a pas à dire, s’éclater dans son boulot, c’est quand même le pied !
Chacun cherche son chat
Un petit peu dur de trouver le temps et l’énergie d’écrire ici en ces jours-ci.
J’ai un peu trop la tête dans le guidon pour arriver à prendre un minimum de recul et arriver à écrire quelque chose de correct.
J’ai un peu trop le cerveau en ébullition (à cause d’une surchauffe quotidienne au boulot) pour arriver à penser et à parler de sujets divers et passionnants.
Et j’ai un peu trop de trucs qui me torture l’esprit pour arriver à aborder d’autres thèmes que moi-même (ou la recherche d’un appart, ma grande angoisse du moment). Or ce n’est pas toujours hyper constructif et hyper intéressant donc je préfère m’abstenir pour l’instant.
Sachant que ça risque de ne pas durer, ma propension à partager mes problèmes cons ou à parler de trucs pas passionnants étant quand même, somme toute, énorme.
Du beau temps, du renoncement et des autruches
Un beau week-end vient de se terminer pour moi…
Déjà parce que c’était un week-end de quatre jours (rarissime ici), aussi parce qu’il a fait un temps splendide à Dublin (peu fréquent) et surtout parce que ma petite famille était venue me rendre visite. Et ça fait du bien un peu de visite !
On a arpenté la ville de long en large… D’ailleurs, je commence à maîtriser pas trop mal Dublin. Bon, il faut dire que ce n’est pas immense, c’est plutôt comme Lyon que comme Paris. Je commence à connaître quelques faits historiques, quelques anecdotes, quelques restos et quelques pubs sympas… Dans peu de temps, je serai un guide parfait. Avis aux amateurs !
Et surtout, je commence à me sentir vraiment bien dans cette ville. Moins paumée, moins “étrangère” qu’avant. Je commence à comprendre, à saisir, à ressentir l’âme de l’endroit et des différents quartiers. Je commence à me sentir à l’aise, un peu chez moi, moins “fake” qu’avant. Petit à petit, un monde est en train de se recréer autour de moi…
Pourtant, j’ai quand même du mal à gérer la séparation avec la France, Lyon et mon ancienne vie. Maintenant que les choses ici sont devenues bien réelles pour moi et qu’elles vont forcément s’installer dans une certaine durée, le moment est venu de tirer un trait sur ma vie d’avant.
Il est temps de passer à autre chose, de faire le deuil… Et c’est là que ça se corse… Parce qu’autant je suis heureuse d’être ici et déjà plutôt passionnée par mon boulot, autant une morne douleur m’envahit quand il s’agit de penser à commencer à liquider ma vie en France. J’ai, comme qui dirait, le cul entre deux chaises et… du mal à bouger. Mais pourtant il va falloir, il va falloir “couper le cordon” et renoncer définitivement à certaines choses. Et très concrètement, il va falloir vider mon appart, annuler et suspendre bon nombre de trucs, dégager ma voiture, démissionner de Aides, régler ma situation administrative, etc…
Bouuuhh. Quelle horreur ! Tout à coup, ça prend une tournure bien définitive tout ça, exactement le genre de tournure que je déteste. Oui, comme si le retour en arrière n’était plus possible. Mais l’ai-t-il vraiment ?
Bon…
Je crois que je vais encore adopter la technique de l’autruche pour un certain temps. Ne pas y penser, ne pas y penser, ne pas y penser… Je pourrais aussi adopter, pour ce soir, la méthode irlandaise. Boire, boire, boire…
Désarroi linguistique
Je vis une espèce d’enfer de l’expression en ce moment.
Je me trouve complètement nulle à mourir en anglais, j’ai le cerveau au bord de l’explosion, genre cocotte minute, et je n’en peux plus de ne jamais pouvoir dire exactement ce que je veux.
Putain ! Je ne pensais vraiment pas que ce serait si dur…
Moi, toute con-con, je me disais que ça allait venir tout seul, naturellement… Mais pas du tout ! C’est une galère immonde et certainement une des choses les plus frustrantes que j’ai connu. Moi qui aime parler, utiliser exactement le bon mot, faire des jolies phrases avec un rythme, me voilà réduite à m’exprimer comme une gamine de 8 ans… L’horreur.
Et autant vous dire que professionnellement, ce n’est pas très avantageux. Je pense que je passe pour une débile profonde, une espèce de blonde évaporée et j’ose à peine imaginer ce que pense les gens quand il cherche la raison obscure qui a conduit à mon embauche.
Oulala lala lala. C’est pas gagné. Autant dire que je vais devoir repasser par la case « Cours d’anglais » et vite !
Sentiments d’expatriée
Après des mois en suspend, ma vie s’est emballée ces trois dernières semaines. Et tout à coup, mon expatriation a pris une réalité toute différente. Ce qui n’était, il y encore quelques temps, qu’un truc relativement abstrait, un espèce de trip plutôt incertain, a désormais pris corps.
Etant maintenant intégrée professionnellement à la société irlandaise, je suis une vraie expatriée. Enfin presque, parce que, qui dit expatriation, dit quand même un certain nombre de démarches administratives que j’ai à peine entamée. Et c’est notamment là que la réalité devient un peu moins romanesque. Parce que s’il y a bien une chose que j’ai toujours détesté, c’est les trucs administratifs et je suis la championne de la remise au lendemain de ce genre de tâches. Pourtant il faut que je m’y mette d’urgence… mais la liste des choses à faire me fait carrément horreur : compte en banque (oui, c’est toujours pas fait pour cause d’impossibilité à justifier un domicile), inscription aux impôts, couverture maladie et voire même retraite (mais là je ne sais pas du tout ce que je vais faire, c’est le plus chiant). Je pourrais aussi me déclarer à l’Ambassade de France mais ça c’est moins important (vu que c’est trop tard pour les listes électorale), et apparemment presque un tiers des Français expatriés ne le seraient pas… Sans compter qu’il faudrait aussi que je règle un tas de trucs en France, et là ça devient carrément gore. Rien qu’à y penser, ça me donne envie de vomir mon scone.
Mais malgré ces petits détails purement techniques, je suis quand même une expatriée. Et, même si c’est relativement commun, cette idée a malgré tout quelque chose d’assez grisant, voire de perturbant même en fait. Oui perturbant est peut être un meilleur mot pour définir ce que je ressens parfois face à cette nouvelle situation.
Une chose est sûre, je pense que je ne considèrerais plus jamais de la même manière les gens qui ont quitté leur pays pour aller s’installer ailleurs. Tant qu’on ne l’a pas vécu, je pense qu’on ne se rend pas bien compte de ce que cela implique, dans la tête et dans le cœur, même si c’est quelque chose que l’on a désiré.
C’est plein de sentiments, parfois contradictoires, qui se heurtent en toi. C’est plein de choses à comprendre, à réaliser, à intégrer. C’est plein de trucs que tu gagnes et plein d’autres que tu perds. C’est fait d’acceptations et de renoncements, de grands bonheurs et de petites tristesses, de joie et d’excitation saupoudrées d’une certaine mélancolie. C’est un fort désir d’intégration mêlé à la nécessité de conserver son identité, une aspiration à trouver sa place face à des besoins communautaires, un sentiment d’appartenance naissant mâtiné d’une certaine solitude, une profonde reconnaissance pimentée d’un brin de culpabilité.
Oui, c’est compliqué, sûrement parce que ce n’est que le début pour moi et parce que j’ai encore beaucoup de choses à accomplir pour construire ma vie ici.
J’avais l’impression d’avoir fait beaucoup mais en fait, je n’en suis qu’au commencement, tout reste à créer. En fait, s’expatrier, ce n’est pas seulement vivre dans un nouveau pays, c’est surtout y fonder quelque chose, s’y réaliser, trouver sa place et son bonheur…
J’ai donc encore un long chemin devant moi et j’avoue que, parfois, ça me fait un peu peur. Mais bon, comme d’hab’ quoi…
Oui, cette idée a bien quelque chose d’assez perturbant, voire de grisant même en fait. Oui grisant est peut être un meilleur mot pour définir ce que je ressens parfois face à cette nouvelle situation.